Armées - Editoriaux - Histoire - 18 janvier 2015

Un oubli déshonorant

L’année 2014 s’est achevée. Elle a été marquée par d’innombrables commémorations du plus grand drame national pour sa chair et son sang que la France ait connu, il y a un siècle.

Un formidable oubli : le sacrifice, pour elle, de la Russie et de son tsar Nicolas II.

Si la victoire de la Marne, si nette, si claire, a été possible pour l’armée française quasiment seule à ce moment-là, c’est en raison de l’ordre impérial – et impérieux – donné aux armées russes de pénétrer dans le territoire allemand le plus loin possible, alors qu’elles n’étaient – et de loin – ni préparées, ni prêtes pour cette guerre-là.

Tannenberg, puis Insterburg, tombeaux des meilleurs officiers et soldats du tsar, ont sauvé la France puisque les divisions qui devaient assurer la victoire de l’aile droite allemande furent envoyées précipitamment en renfort vers la Prusse, permettant sur la Marne l’exécution du génial coup d’œil de Galliéni.

Cet oubli général a quelque chose de criminel. La reconnaissance nationale à l’égard de Nicolas II, de l’armée russe et de ses chefs est un devoir de vérité. Comment peut-on, dans ce pays, ériger des statues à certains alliés qui, dans des heures sinistres, abandonnèrent ou retournèrent leurs armes contre les soldats français, et laisser dans l’indifférence, ou pire, un Nicolas II qui, au détriment de ses intérêts, fut d’abord fidèle à sa parole ? À son alliée ?

Le général hetman des cosaques Samsonoff et près de 200.000 Russes payèrent de leur vie la fidélité à l’alliée.

L’honneur de la France, de son gouvernement, de ses armées serait de se souvenir. À quand un monument à Nicolas II, le tsar sacrifié, à Samsonoff et à leurs soldats qui ont bien mérité de notre patrie ?

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