Un OGM (organisme génétiquement médiatique) périmé : le JuppéClinton…

Quiconque appuyait sur le bouton de la télévision, ces dernières semaines, était bien en peine de ne pas entendre parler des deux héros des médias franco-américains : du matin au soir, et même au milieu de la nuit, on ne parlait que de leur élection déjà faite dans les sondages : la première était candidate aux élections présidentielles américaines, le second candidat aux élections primaires de la droite française. C’était le génome politique universel, l’OGM transnational de l’année. Identiques jusqu’à la perfection, identiquement encensés, ils représentaient la répétition de ce qui est nouveauté de l’ancien, ou retour novateur de ce qui a donné ce que l’on sait. Ils étaient, l’un et l’autre et l’autre et l’un, les candidats jumeaux et les purs produits d’un système politique dont les médias sont les haut-parleurs, les propagandistes et les chiens de garde : ultra-libéralisme, domination des États-Unis sur le monde, oligarchie financière, culte du profit, multinationales, haine de la Russie et tant d’autres sources d’émerveillement s’inscrivant en expressions creuses sur leurs visages souriants d’identité heureuse et de bons sentiments…

Brillant avocat, épouse d’un ancien président, ex-sénatrice, ex-ministre de l’administration Obama, riche militante dans une fondation créée par son mari et qui mélange fonds privés et intérêts publics, Hillary Clinton est une femme bien sous tous rapports, et qui a réussi. Agrégé de lettres classiques, normalien, énarque, ancien Premier ministre et technocrate accompli, à la tête d’une fortune plus que confortable, Alain Juppé est un homme bien sous tous rapports, et qui a réussi. Les deux ont pourtant montré leurs limites en politique. En termes de bestiaire, on dira qu’ils n’étaient pas des perdreaux de l’année, mais plutôt de vieux chevaux de retour. Qu’importe, un nouvel habit de lumière médiatique enrobait la grisaille de leurs projets et l’inanité de leurs discours.

En France, remplaçons Trump, le candidat anti-système, par Marine Le Pen et la similitude redouble dans le combat héroïque. L’OGM JuppéClinton représentait le sauveur bicéphale, censé nous préserver des trublions qui séduisent un peuple populiste qui leur échappe et pourraient empêcher nos prétendues élites de financer et s’engraisser en rond. Cette similitude des personnages et de la manière dont les médias en ont fait leurs favoris fait apparaître, aussi, comment la France s’est calquée depuis 1945 sur les États-Unis. Après le sursaut gaullien, sorte de chant du cygne ou de baroud d’honneur, la France actuelle, revenue dans l’OTAN, inondée de produits américains, de films américains, de séries américaines ou d’immonde bouffe McDo, n’est pas autre chose qu’une colonie, un petit satellite des États-Unis.

Le JuppéClinton semblait le prélude à l’inéluctable destin du monde, condamné à devenir un immense marché où les nations sont appelées à disparaître, un monde qui va vers l’uniformité, où Juppé à Paris est la copie de Clinton à New York, un monde où la télévision et les sondages disent aux électeurs pour qui ils doivent voter puisqu’il sera élu. On croyait en avoir fini avec les totalitarismes, un autre était né : celui de nos pseudo-démocraties, du pain et des jeux télévisés, du revenu minimum et des spectacles abrutissants, un monde où la diversité n’est célébrée que pour mieux uniformiser les esclaves.

Hélas et patatras ! Nos deux héros médiatiques ont sombré dans la tourmente du vote populaire. Ah ! ce vote, que ne peut-on l’exclure de la démocratie ! L’OGM est déjà périmé. Sic transit gloria mundi… Ainsi passent et trépassent les acteurs du Guignol médiatique. Comme une vieille salade bourrée d’engrais et de pesticides, un trognon de pomme phosphaté ou un maïs transgénique, que ce produit de l’agronomie télévisuelle disparaisse, en attendant son recyclage dans les monumentales poubelles de l’histoire du monde !

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