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Editoriaux - Société - Sport - 12 mars 2013

Un filon à exploiter : loueur de grue pour contestataires

Avec la mode du tourisme vert à la sauce sports extrêmes, on a vu fleurir à la cime des arbres nids de gorilles et autres cabanes. Sur le thème « passez votre nuit de noce sur la canopée » ou « faites votre demande en mariage suspendu à une liane » ou encore « en sautant à l’élastique depuis le viaduc de Millau », les gens se sont faits à l’idée que tutoyer le ciel était un plus dans l’existence. Un truc marquant.

C’est donc tout naturellement que la revendication a pris ses quartiers d’hiver en haut des mâts. Dans les grues, pour être précis. Ainsi, pendant que la masse brûle des pneus et se coltine les CRS-SS au ras des pâquerettes, des petits malins grimpent à l’assaut des flèches, leur banderole en bandoulière.

Les pères en mal d’enfant ayant créé l’événement le mois dernier, c’est une mamie américaine, April Reiss, 70 ans, qui est grimpée ce week-end au sommet d’une grue, à Privas. Elle réclamait que soit respecté le droit de visite dont elle dit bénéficier auprès de sa petite-fille âgée de 6 ans. Le procureur de la République n’a pas été impressionné. Qu’une citoyenne américaine joue à chat perché ne l’émeut pas. Il a dit à l’AFP que le père de la petite Rose, résidant aux Vans (Ardèche), était mis en examen pour agression sexuelle sur sa fille et placé sous contrôle judiciaire et qu’il n’allait pas déplacer les flics pour satisfaire la grand-mère. Quant à la maman, une Belge, elle a pris la poudre d’escampette avec sa gamine. Preuve que le multiculturalisme est dur à mettre en œuvre au sein des familles.

Comme on l’imagine, la mamie avait reçu de l’aide. On se doute bien qu’à son âge, elle n’avait pas eu seule l’idée et la force d’escalader son engin. C’est Nicolas Moreno qui l’a aidée. Un gars qui doit aimer jouer les doublures puisqu’il était déjà soutien moral de Serge Charnay, le papa qui criait SOS dans sa grue nantaise.

Au fond, pour ceux que le job intéresse, il y a peut-être un filon à exploiter : loueur de grue pour contestataires en quête de visibilité. Et si pas de contestataire, on peut toujours transformer la cabine en chambre d’hôtes.

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