Un comité autoproclamé non mixte et racialisé a organisé du 11 au 15 avril une série de conférences intitulées « Paroles non blanches » (sic !). Ces réunions se tenaient à l’université Paris VIII dans un bâtiment « occupé » (ce détail a son importance). Les thèmes étaient "Islamophobie au travail et à l’école" (sous-entendu : interdire le voile est raciste ), « S’organiser en non-mixité », "Le racisme institutionnalisé, police et médias" et enfin « Être noir(e) en France ».

Le comité Mwasi à l’origine de ce colloque ne regroupe que des femmes d’origine africaine. Son site spécifie que les hommes et les non-Noirs ont interdiction de participer aux réunions. On ajoute benoîtement qu’on accepte les transsexuelles et que ce comité n’est pas dirigé contre les hommes ou les autres ethnies. Dans Libération, un « intellectuel progressiste » a justifié cette exclusion en sous-entendant sans frémir que si on autorisait les Blancs, les Blanches ou les mâles à se joindre au mouvement, ceux-ci monopoliseraient la direction de la « lutte » au détriment des « dominées ».

Si des « suprémacistes blancs » organisaient une conférence ou un mouvement auquel ne pourraient participer que des mâles caucasiens, ils seraient évidemment poursuivis et condamnés, et avec raison ! En revanche, ne réserver qu’aux femmes d’origine africaine une réunion me semble faire preuve d’un double racisme ! Envers les ethnies non noires et envers les hommes. Une vraie démocratie ne devrait pas tolérer de tels dérapages.

Il est également intolérable de prétendre que les forces de l’ordre et nos médias sont racistes. Il peut exister, ici ou là, des débordements individuels de la part de policiers ou de journalistes. Il faut les condamner, bien sûr, mais affirmer que l’État institue le racisme est un mensonge antidémocratique. Nous ne sommes pas l’Afrique du Sud entre 1948 et 1991 (heureusement) !

Enfin, déclarer que l’interdiction du voile islamique à l’école est raciste est une odieuse contre-vérité car la Cour européenne, si pointilleuse en matière de droits de l’homme, autorise les États à proscrire, sous certaines conditions, le hijab ou la burqua. Non, il n’y a absolument aucun racisme dans l’interdiction du voile.

Le colloque s’est tenu tranquillement. Comme l’amphithéâtre où il s’est tenu était occupé, la direction de l’université n’a sans doute pas donné son accord. Enfin, j’ose l’espérer, sinon la dérive antidémocratique serait effrayante. Le président de Paris VIII avait donc toute latitude et toute légitimité pour faire cesser ces délires choquants mais il ne l’a pas fait.

Nous ne devons plus accepter ces discours issus d’une minorité qui, sous couvert d’antiracisme, est profondément raciste. Et, à en lire l’éditorial de M. Joffrin, paru mardi 12 avril dans Libération et qui reprend exactement ce que beaucoup affirment dans ces colonnes ou ailleurs, même la gauche bien-pensante commence à en convenir !

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17 avril 2016

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