Les candidats pléthoriques à la ne comptent sûrement pas sur la distillation, par le menu, de leur propre programme. Car ils savent bien que nul citoyen ne plongera dans un document synthétique sibyllin ou, pire, un livre de promesses détaillées et indigestes.

La preuve s'il en fallait, celui de Nicolas Sarkozy pour lesquels des aficionados extatiques faisaient la queue pour un précieux autographe. Résultat : exit sans ménagement, le littéraire postulant ! Un autre, consciencieux élève, a cru bon de consigner dans un pavé de plus de mille pages ses décisions pour son futur quinquennat : au coin avec un bonnet d’âne, Bruno Le Maire…

Les seuls qui s'attaquent, dans le détail, aux programmes sont les disséqueurs des partis opposés. En soulignant en rouge tous les menus détails, incertitudes ou contradictions et, au besoin, en mettant en marge le résultat de leur exégèse séditieuse marquée par leur filtre partisan. Dont ils font état bruyant sur les estrades et qui sont rapportés par les journalistes friands d'échanges tonitruants, faisant de l'audience et du papier !

C'est ainsi que le savonnage de la planche sociale de François Fillon concentre, en ce moment, toutes les ardeurs de ses opposants et agite le PAF comme le Landerneau. S'y est ajoutée la parole du futur ex-Président, en campagne bénévole pour un successeur non identifié, prédisant la fin du service public. Pas moins ! Le cataclysme menaçant la sécurité des Français, c'est-à-dire leur chouchoutage social et administratif, bienfait tabou « que entier… etc. », a été repris avec son ardeur austère par le Premier ministre, intermittent du gouvernement en CDD, mais acteur engagé de la campagne, qui a usé d'une tribune dorée et particulièrement visible pour amplifier le message apocalyptique…

Pour revenir à du bon sens et un programme audible, trouvant justifications crédibles auprès d'un grand nombre d'électeurs, je suggère au « mieux-disant » des candidats de s'appuyer, voire de reprendre à son compte les conclusions et études d'organismes étatiques ou privés.

En tout premier, celles de la Cour des comptes.

Cette vénérable institution égrène, mois après mois et sous tous les gouvernements successifs, des études exhaustives illustrées de recommandations précises visant à dégonfler les gabegies de la dépense publique. Les travaux sourcilleux et pugnaces des quelques 200 magistrats font l'objet de documents remis en grande pompe par leur premier président, rapports qui, généralement, trouvent très rapidement une case aux archives nationales. Et rejoignent les rares études du CESE, cette institution qui, en revanche, ne sert à rien d'autre que de procurer une petite sinécure à des dépités ou retraités de fonctions électives ou syndicales.

Des organismes non politiques œuvrent également avec sérieux à des propositions de gestion publique intelligente, moderne, économe de l'argent du contribuable, dont l'iFRAP ou Contribuables associés, en particulier.

Les écouter et, surtout, les entendre serait loin de la démagogie ou du poujadisme, mais plutôt un bonus pour le candidat faisant siennes leurs propositions de bon sens qui trouveraient crédit auprès des électeurs. Spécialement ceux qui sont également des assujettis…

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15 décembre 2016

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