Editoriaux - Politique - Table - 7 décembre 2015

UMPS : tous unis pour se diviser contre le FN !

Dans le plateau-télé électoral de ce dimanche soir, il y a fromage et dessert, mais surtout manque le plat principal : le Front national ; ectoplasme qui plane dans les studios, mais assez peu représenté en chair et en os, à la notoire exception de Bruno Gollnisch, qui délivre un assez magistral cours de marxisme à Pierre Laurent et d’un David Rachline, jeune sénateur et maire de Fréjus. Il est vrai que les têtes de liste frontiste sont sûrement mieux occupées, chacun dans leurs locaux de campagnes.

Pourtant, le Front national, grand absent subliminal, est présent partout. Pour que les commentateurs et politiciens aient tout loisir de s’alarmer de ses résultats des plus flatteurs, déjà. Et ensuite sur la conduite à tenir à son endroit, lors du second tour de dimanche prochain. Fusion des listes ? Retrait de telle ou telle liste ? Triangulaires entre plusieurs listes ? Et à chaque fois, cette interrogation : le soleil continuera-t-il de briller en plein jour sur ces six régions susceptibles de tourner en orbite lepéniste ? Seront-elles bientôt englouties par les fumerolles et les éruptions volcaniques, les crues du Nil et les invasions de sauterelles ?

Pis, les forces vives de la nation, entrepreneurs et artistes, demanderont-ils asile politique en Andorre ou au Zimbabwe ? Bref, la guerre civile sera-t-elle pour demain ? Au lieu de répondre à cette question cruciale, ce petit monde donne néanmoins l’impression de faire tourner les tables de leurs studios respectifs. Esprit républicain, es-tu là ? Farfadets démocrates, en quelle forêt de Brocéliande humaniste êtes-vous dissimulés ? Tout en houspillant les politiques de gauche de n’avoir pas su présenter un front commun contre le Front national. Et Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, d’estimer que Les Républicains veulent « fermer la porte au barrage » contre le Front national, « là où la main de l’homme n’a jamais posé le pied », on imagine.

Ainsi, les socialistes se retireraient en faveur des Républicains contre Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen. « Tant mieux », ricane le pétulant Gilbert Collard. Ces consignes seront-elles suivies ? Pour l’instant oui, en régions Nord-Pas-de-Calais et PACA. Argumentaire provençal de Christophe Castaner : « C’est pour mieux résister au FN que nous nous retirons ! » Soit une idée toute particulière du maquis électoral…

Pourtant, en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le candidat socialiste devrait se maintenir contre le frontiste Florian Philippot, qui mène la course en tête.

Enfin, on aura compris ce soir que la priorité de tous les partis politiques “républicains” ne consistait pas à lutter contre le chômage et l’immigration de masse, à la paupérisation et au terrorisme grandissant, mais… seulement, contre le Front national. N’auraient-ils donc que cela à foutre de la sainte journée ?

Une chose est néanmoins sûre, et c’est l’avantage du chroniqueur politique chargé de suivre l’actualité du FN, c’est au moins que chez eux, le problème du retrait ou de la fusion est plus simple, puisque ne se posant pas. Ils vont au front tout simplement. Second round ce prochain dimanche.

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