La crise ukrainienne, qui n’est pas finie, aura permis de mettre en lumière trois faits, chacun amenant à tirer des leçons pour l’avenir.

Quand une population immigrée (et même coloniale, dans le cas ukrainien), suffisamment nombreuse dans certaines régions du pays d’accueil, se sent appuyée par la force et la détermination de son pays d’origine, elle tente de se rattacher à celui-ci. La ressemblance avec la crise des Sudètes en 18 est patente. Karl Marx disait : « Celui qui méconnaît l’histoire se condamne à la revivre. » La Lettonie tremble : elle abrite 40 % de colons russes. C’est aussi une leçon pour nos pays accueillant une de peuplement (et non plus uniquement de travail).

Que fait l’OTAN, dont les gaullistes « authentiques », et les extrémistes de droite et de gauche, veulent nous faire croire qu’elle est à l’origine de la crise actuelle, médiatisant d’obscures manipulations américaines dans le but d’intégrer l’ à cette organisation? L’accord de 1994, signé par la Grande-Bretagne, les USA et la Russie garantissait les frontières de ce pays en échange de la non-adhésion à l’OTAN et à la remise des ogives nucléaires ukrainiennes à la Russie. Cet accord, ayant été rompu unilatéralement par l’annexion de la Crimée, aurait dû logiquement amener l’OTAN à intégrer sur le champ l’ et à envoyer des troupes sur les frontières orientales du nouvel adhérent. En fait, Obama est totalement indifférent au sort de l’, et l’ demeure évidemment impuissante. Poutine savait tout cela.

Plus surprenant à mes yeux, la presse et les politiques français n’ont strictement rien à dire sur les deux premiers faits, qui semblent gêner nos élites. En fait, surprenant, non. D’une part la propagande bien-pensante sur l’inéluctabilité et la nécessité de l’immigration se trouverait menacée par une prise de conscience des peuples européens au vu du comportement des colons russes, que l’on maquille sous le nom politiquement correct de minorités russophones. D’autre part, les thèses géopolitiques à la mode diabolisant l’OTAN seraient mises à mal devant le constat tout bête que cette organisation est un tigre de papier, comme disait Mao.

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