Les de printemps invitent naturellement à réfléchir sur les en commun. Quand le soviétisme monumental s’effondra, il en resta, dans les campagnes de l’Est, de formidables cadavres d’usines à gaz, poignantes et fragiles traces archéologiques d’une forme mentale qui régenta la moitié du monde pendant soixante-dix ans. On la croit disparue aujourd’hui mais elle a juste muté, elle se diffuse par le monde, elle mène celui-ci, elle triomphe. Sous couleur de libéralisme, alors qu’on proclame à son de trompe le règne du marché, c’est en fait un nouveau socialisme qui nous régit. Il lui arrive de prendre la forme du communisme participatif. Une figure en est le jeune Macron, sémillant libérateur des lignes d’autocars.

Et puisque les jettent l’émoi dans nôtre âme vacancière, nous allons étudier ce communisme participatif à travers trois exemples : Uber, BlaBlaCar et OuiCar. Uber est un chef-d’œuvre de stratagème dialectique, il se présente en chevalier blanc du contre les professions protégées, le numerus clausus, les licences délivrées par la bureaucratie préfectorale. Et, en fait, que promeut-il ? Une déspécialisation du travail qui fait de tout transporté un transporteur en puissance, et de la voiture individuelle un moyen de transport en commun.

BlaBlaCar est plus fort. La est le type des grands monopoles érigés par l’État et les syndicats, héritage superbe de l’époque où triomphait la gauche dirigiste. Les innombrables échecs de cet empilement paléolithique de privilèges et de règlements ont fait préférer à ses clients n’importe quel moyen de transport qui n’est pas le train. Aussi, dernièrement, certains d’entre eux, pour échapper aux tarifs pratiqués par ce dinosaure soviétoïde, ont-ils choisi le covoiturage, assez bien organisé par BlaBlaCar. Or, l’effet de tout ceci est de transformer un moyen de transport individuel en moyen de transport collectif, avec la participation enthousiaste d’individus qui y trouvent leur profit.

Le même mouvement anime OuiCar. Ce site relie ceux qui louent leur voiture personnelle à ceux qui veulent la louer, entre adultes, précise la publicité. Il fait du propriétaire un entrepreneur, d’un bien individuel un objet de commerce, et de la libre entreprise microscopique un moyen de partager une voiture, d’en faire un moyen de transport commun et en commun. La marchandisation sert la socialisation. Le libre-échange et l’entreprise individuelle servent le communisme, un communisme participatif, enthousiaste, adulte, comme le veut la pub. Le petit communisme smart beautiful pour échapper au gros socialisme désuet.

4 avril 2016

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