La est loin d’être débarrassée du terrorisme. Sa proximité frontalière avec la la place dans une situation particulièrement difficile et l’oblige à un jeu diplomatique et militaire extrêmement dangereux car elle subit quotidiennement le chantage des terroristes libyens.

Sabratha est une ville située à seulement 80 kilomètresde la frontière tunisienne. C’est la ville par laquelle transitent de nombreux Tunisiens pour aller s’entraîner intensivement avant de partir combattre en Syrie. Il y aurait bien moins de volontaires depuis l’intervention russo-iranienne…

Même le leader d’Ansar Charia (Tunisie), Abou Iyadh, avait trouvé refuge dans cette ville lorsqu’il avait fui en 2013.

Or, justement, le maire de Sabratha, Housseyn Daoudi, qui se trouvait à Tunis pour assister à une réunion tenue par les Nations unies, a été arrêté le 10 octobre par les autorités tunisiennes à l’aéroport de Tunis-Carthage, pour implication dans le terrorisme.

Immédiatement, plusieurs dizaines de Tunisiens ont été enlevés en Libye, à Sabratha, et Daoudi a dû être aussitôt relâché.

Il s’agit, pourtant, de l’un des fondateurs de la brigade Jund Al-Khilafa, où avait été formé Seifeddine Rezgui, l’auteur de l’attentat meurtrier de Sousse (38 morts).

En juin 2015, une opération identique s’est également soldée par un échec : l’un des chefs de guerre de Fajr Libya, Walid Guelayeb, a dû être libéré suite au kidnapping de dix du consulat tunisien de Tripoli, après avoir passé un mois en prison.

En avril 2014 ce sont le diplomate Mohamed Ben Cheikh et le fonctionnaire consulaire Laaroussi Gontassi qui furent enlevés par des miliciens libyens, puis relâchés après avoir obtenu l’extradition de deux terroristes libyens : Abou Ayoub et Imen Laouaj, dit Abou Jaâfer Allibi, tous deux condamnés à 20 ans suite à l’attentat de Rouhia en 2011. Ce dernier est actuellement l’un des chefs de guerre les plus actifs de Benghazi.

Les autorités tunisiennes sont conscientes du risque terroriste permanent tant que des milliers de Tunisiens travailleront, ou transiteront, par la route qui relie Tripoli à Ben Gardane et qui passe près de Sabratha, Syrte ou Derna, où stationnent un nombre très important d’extrémistes d’origine tunisienne. Et cela, malgré les dunes hautes de deux mètres et le fleuve artificiel édifiés sur 220 kilomètres le long de la frontière, avec deux seuls points de passage : Ras Jedir et Dhehiba.

Mais des intérêts socio-économiques lient les populations de ce Sud tunisien et obligent les autorités à un marchandage dangereux qui ne se terminera qu’une fois la paix revenue en Libye, ce qui n’est pas pour demain puisque les récents rapprochements envisagés à Alger entre Tripoli et Benghazi se sont soldés par un échec total.

20 octobre 2015

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