Ce week-end dernier, les Tunisiens votaient aux législatives, alors que se bouclaient les listes à venir du scrutin présidentiel. À l’heure où ces lignes sont écrites, il n’est possible que de commenter que de lourdes tendances, sorties des urnes.

À en croire ces dernières, les “laïcs” menés pas le mouvement Nidaa Tounes seraient en tête, tandis que les “islamistes” sortants, ceux d’Ennahda, les talonneraient avec vingt sièges d’écart. Très logiquement, sur la page Facebook de Nidaa Tounes, on peut lire cette déclaration : « Nous avons gagné. Vive la tunisie ! » Les gens d’Ennadah, filière locale des Frères musulmans font eux, profil bas, après avoir élégamment quitté un pouvoir néanmoins gagné lors des premières élections libres du pays. Mais il s’agit là d’une exception tunisienne, voire nos éditions précédentes.

Les Tunisiens se trouvent donc, de fait, face à un gouvernement de “technocrates”. Le patron de Nidaa Tounes ? Un certain Beji Caïd Essebsi, âgé de 87 ans et vétéran de la vie politique locale. Autant dire que l’homme aura traversé tous les régimes, de Bourguiba à Ben Ali ; l’homme de la continuité n’est pas exactement celui de l’avenir. Heureusement pour eux, les Tunisiens paraissent aussi se prémunir des tourmentes à venir : les islamistes sont en retrait et les salafistes, atones. Bref, un assez joli surplace…

Après, comme écrit il y a peu ici, toujours le même problème : dans une divisée entre islam des villes (largement occidentalisé et ouvert à la mondialisation, pour ceux qui en profitent) et son homologue des champs (archaïque au sens noble du terme et estimant qu’en termes de civilisation, il y a sûrement un peu mieux que la télé-réalité occidentale), l’équation, électorale comme sociétale, demeure ouverte.

Après, que ces deux tendances lourdes puissent un jour en arriver à se réconcilier, c’est une autre affaire. Voire même une autre histoire, qui peut encore demeurer à écrire. Nous y reviendrons. D’ailleurs, il ne serait pas incongru que le plus “modeste” des pays arabo-musulmans puisse sortir par le haut de la crise embrasant actuellement son proche environnement, entre dingueries américaines et djihadistes, toutes frappées du même sceau millénariste, belliciste et communément crétin.

PS : Malgré l’assez ferme et argumentée mise en garde de notre confrère Dominique Jamet, certains commentateurs persistent à user d’injures dans leurs commentaires. Je pense particulièrement à un olibrius venant de refaire surface et portant un nom de ruisseau, ou de caniveau. « Racaille », « Ordure », « Collabo », « Lèche-babouches » ou « Suce b… » et autres noms de volatiles plus ou moins bien élevés. Il est louable que les internautes puissent se soulager et Internet demeure un espace public. Ce n’est pas pour autant que tout le monde est autorisé à baisser culotte sur le trottoir. Surtout quand ce qui leur sort du bas est à peu près aussi pertinent que ce qu’ils éructent plus en haut.

27 octobre 2014

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