Nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.

La Tunisie vient de subir à son tour le plus grave attentat terroriste depuis 2002. 22 morts et 50 blessés au musée du Bardo, le site le plus visité du pays par les touristes étrangers.

Au-delà des victimes humaines, c’est son tourisme qui est une nouvelle fois assassiné. Il représente 10 % des ressources et fait vivre 400.000 personnes. Il commençait à redémarrer, +6 % en 2014. Oui, ce sont bien les touristes qui étaient ciblés puisque les kalachnikov ont commencé à tirer sur un car avant même d’entrer dans le musée.

Les assassins ont été abattus, certes, comme l’ont été les frères Kouachi et Coulibaly après les attentats de janvier à Paris, mais ce qu’il faut surtout rechercher en tout premier lieun c’est l’origine de ces terroristes. Qui sont-ils et d’où viennent-ils ?

Les autorités tunisiennes, et surtout les services secrets, se penchent actuellement sur ce problème. La Tunisie compte un peu plus de 3.000 combattants djihadistes répartis entre la Syrie, l’Irak et la Libye, dont 600 d’entre eux sont revenus au pays.

Plusieurs questions se posent :

Est-ce que ces assassins faisaient partie des « revenants » ? Sont-ils rentrés en Tunisie dissimulés parmi les milliers de migrants traversant la longue frontière qui sépare (c’est un euphémisme) la Libye de la Tunisie ? Ou appartiennent-ils à un groupe islamiste implanté dans le pays ? D’après l’enquête, les deux assassins abattus, Yassine Laabidi et Hatem Khachnaoui, appartiendraient au groupe Okba Ibn Nafaa, dépendant d’AQMI et localisé sur le mont Châambi, à la frontière algéro-tunisienne.

Nous nous trouvons, en France, devant une situation identique : de nombreux djihadistes reviennent chez nous, chez eux puisqu’ils sont français pour le plus grand nombre, par droit du sol ou par naturalisation. Ils peuvent être contrôlés et suivis, mais même un bracelet électronique n’empêchera pas une action terroriste de leur part puisqu’ils sont destinés à mourir en devenant martyrs !

Ceux qui ne sont pas Français resteront au-delà des frontières, nous pouvons au moins espérer cela !

Ensuite, les islamistes radicalisés et formés militairement seront de plus en plus nombreux à pouvoir s’infiltrer en France, dissimulés parmi les dizaines de milliers de migrants traversant la Méditerranée, et ceux-là, nos services secrets ne les connaissent pas. Ils ne seront donc pas surveillés et seront donc libres d’agir.

La France (comme la Tunisie et tout le Maghreb) se trouve confrontée au même dilemme : empêcher de laisser partir et surveiller les volontaires au djihad, contrôler et emprisonner les assassins de retour après avoir accompli leurs sanglantes besognes, et être livrée totalement démunie à l’infiltration de terroristes introduits parmi les milliers de migrants qui stationnent sur notre sol.

L’État islamique et Al-Qaïda nous ont promis (et leurs menaces se précisent) de nous en expédier 500.000, et c’est bien eux qui imposent leurs conditions et nous les subissons. Rien n’est organisé pour les empêcher de partir, de quitter les pays organisateurs, de prendre la mer et de débarquer chez nous.

Nous pouvons penser qu’il est déjà trop tard car les mesures prises, et celles envisagées, sont insuffisantes et surtout tardives. Nous risquons malheureusement d’en payer le prix fort.

20 mars 2015

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