Le ralliement, à 48 heures du « Super Tuesday », de Mme Tulsi Gabbard, jeune étoile montante et vice-présidente démissionnaire du Parti démocrate, est un coup de maître pour Bernie Sanders. Pour elle également : parlementaire représentant Hawaï, très charismatique et mentalement structurée, âgée de 34 ans, Gabbard incarne la jeune génération. Elle est la première parlementaire américaine de hindoue, ayant prêté serment sur le Bhagavad-Gita lors de son intronisation. Six mille ans de tradition védique au service de l’Empire de la Raison…

Outre son expérience gagnée au sein de la caste guerrière (elle a servi dans l’armée en Irak), elle apporte à Sanders un réservoir de connaissances et de contacts en matière de étrangère, siégeant sur deux comités de la Chambre des représentants : Armées et Affaires étrangères. Précieux contre-feu à la propagande de la « reine Hillary, commandante en chef ».

Cette dernière avait repris de l’énergie après le Nevada, où elle avait fait appeler les patrons de casinos de Las Vegas par son ami le sénateur Harry Reid afin de « libérer » leurs employés pour les faire voter lors des récents caucus (le scrutin y était public). Puis, soudainement devenue bernard-l’hermite, Hillary avait copié-collé le programme Sanders, reprenant sans vergogne sa phraséologie et ses thèmes (« nous, ensemble », plutôt que « moi je »), avant de subtilement placarder Sanders des étiquettes de « produit-seulement-pour-les-Blancs », « irréaliste », « ambigu-amoureux-des-armes-qui-tuent-des-innocents », « vacuité-en--internationale ». Cela fut efficace en Caroline du Sud. Cette version de la copie demandera cependant à être revue pour le « Super Tuesday » du 1er mars, et pour la suite.

Moins idéologue que Sanders, Tulsi Gabbard incarne la survie de l’ancien courant démocrate, plus isolationniste, et internationalement « multipolaire ». Elle s’est notamment illustrée par son opposition à l’interventionnisme comme aux « changements de régimes », par son rejet du bellicisme anti-russe, anti-Assad ou anti-Iran, s’insurgeant contre un Obama refusant de nommer le par son nom. Comme Trump avec Christie, voici donc Sanders qui, avec Mme Gabbard, se « démarginalise ». Interrogée dimanche par la chaîne NBC, Tulsi Gabbard précisait : « Je crois extrêmement important […] de reconnaître la nécessité d’un commandant en chef qui ait de la clairvoyance, qui possède un bon jugement, qui voie au-delà des conséquences et mesure toutes conséquences avant toute action, de sorte que l’on cesse de se trouver entourés de tous ces échecs, cause de ce chaos au Moyen-Orient, comme de toutes ces pertes humaines. » Donc tout sauf Benghazi…

Bonne nouvelle pour Vladimir qui dispose, après Trump, d’une deuxième carte « sortie de prison » pour son Monopoly américain. Bonne nouvelle, également, pour Tulsi qui n’a rien à perdre en offrant immédiatement un 2e souffle à Bernie, et tout à gagner en se positionnant finement sur le marché présidentiel « post-establishment »… Soros devrait la contacter bientôt.

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29 février 2016

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