Durant la tumultueuse campagne ayant vu s’affronter Hillary Clinton et Donald Trump, ce dernier menaçait de contester le résultat de la candidate démocrate en cas de victoire de cette dernière. Advint ce que l’on sait et Hillary Clinton, fût-ce de mauvaise grâce, dut féliciter son turbulent challenger.

On pouvait donc tenir le sujet pour clos. Mais c’était sans compter avec Jill Stein, candidate écologiste (1 % des suffrages), qui est parvenue à recueillir les cinq millions nécessaires à financer le recomptage des voix dans le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, trois États dans lesquels il y aurait suspicion quant au bon déroulement du vote, surtout quand il était électronique.

D’abord réticente, l’équipe de Hillary Clinton a décidé de s’associer à cette démarche. Il est compréhensible qu’elle puisse l’avoir mauvaise, ayant devancé son adversaire de plus de deux millions de voix : 66.905.979 contre 64.688.451, pour être plus précis.

Il n’empêche que, le 8 novembre dernier – système américain oblige -, obtenait 306 grands électeurs, contre seulement 232 pour Hillary Clinton. Au-delà d’une triche éventuelle, d’autres acteurs de la politique d’outre-Atlantique réclament la réforme d’un système des plus complexes, voire rigoureusement incompréhensible en nos contrées.

Déjà, en 2000, l’élection présidentielle suscitait pareille polémique. Avec 50.456.002 voix, le républicain George W. Bush recueillait moins de voix que le démocrate Al Gore (50.999.897), mais s’assurait le soutien de 271 grands électeurs, pour seulement 266 à son rival malheureux. Là, les soupçons de fraude, en Floride surtout, étaient déjà amplement plus avérés, tout comme en 1960, quand Richard Nixon estimait, non sans raison, que John Fitzgerald Kennedy lui avait volé la victoire ; il est un fait, aujourd’hui de notoriété publique, que la Mafia avait été des plus actives dans l’Illinois pour donner un petit coup de pouce à l’élection.

Mais à ces deux occasions, aucune action publique n’avait été diligentée pour tenter de refaire le match : si tel était le cas dans les jours à venir, il s’agirait donc d’une grande première. Ainsi, ces fameux grands électeurs se réuniront-ils le 19 décembre pour officialiser l’élection du nouveau président. Simple formalité, a priori, mais qui sait ?

Après, il est toujours possible de gloser sur les bizarreries du processus électoral américain. On remarquera, pourtant, qu’en plus de deux siècles, jamais il ne fut remis en cause, stabilité constitutionnelle qui devrait nous amener à plus de modestie, nous qui, dans le même laps de temps, avons connu cinq Républiques (six en comptant celle de Vichy), deux Empires et le retour de trois rois…

Au fait, lors des législatives de 2012, avec 9.420.889 voix, le Parti socialiste obtenait 258 élus, alors que le Front national, lui, même fort de 3.528.633 bulletins de vote, ne décrochait que… deux députés. Ceux qui, en France, évoquent un déni de démocratie aux USA seraient peut-être bien inspirés de prendre un peu repos. Car, après tout, il n’y a pas que la politique dans la vie. Tenez… Jacques Chirac et les arts premiers, Dominique Strauss-Kahn et la pêche aux moules, pour ne citer que ces deux exemples.

30 novembre 2016

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