Un président s’en va, un autre arrive sur la scène politico-médiatique, l’un et l’autre d’un calibre hors du commun. En effet, 144 ans seulement après l’abolition officielle de l’esclavage aux États-Unis, c’est un président noir, en fait un métis né d’un père kenyan et d’une mère blanche, qui s’installe à la Maison-Blanche. Un événement sans précédent dans l’histoire de États-Unis.

En premier lieu, il est clair que l’arrivée au pouvoir de , un métis né à l’autre bout du monde américain – Hawaï, une île plantée au beau milieu de l’océan Pacifique -, est le fruit de la fantastique métamorphose en cours de la population américaine. Les Blancs d’origine seront bientôt minoritaires, pour le meilleur ou pour le pire. La toute récente élection de Donald traduit la prise de conscience de la population blanche, qui se rend bien compte que le pouvoir va bientôt lui échapper sans rémission, et une ultime (et vaine) tentative pour le conserver. En second lieu, cet événement résulte de l’irruption, sur la scène politique américaine, d’une personnalité d’exception.

Car la vie de Barack Obama tient du conte de fées. De par son itinéraire, Barack Obama est, d’une certaine façon, une sorte d’extra-terrestre de l’histoire politique des États-Unis

Élevé par une grand-mère blanche exemplaire, Madelyn Durham, une sévère méthodiste de modeste origine – et l’on dira que les grands-mères ne servent à rien -, l’enfant Obama, prénommé Hussein, s’il vous plaît, un nom à la consonance bien peu américaine, a pourtant traversé sans encombres les brumes de l’ puis de l’adolescence.

Car on a affaire, ici, à une personnalité singulièrement attachante. Après un passage par Columbia et Harvard, il est élu au Sénat de l’Illinois puis au Sénat fédéral en 2004. Tout au long de sa carrière, ce jeune homme doué a su cultiver l’ du compromis et la capacité de convaincre, l’un et l’autre si utiles en politique.

Cela étant, il s’est bien gardé de favoriser la communauté noire, estimant que les meilleurs représentants d’entre elle pourraient toujours faire leur chemin, pour peu qu’ils en soient capables…

Le bilan politique de Barack Obama, sans être exceptionnel, n’est pas négligeable pour autant. Le chômage, à son arrivée à la Maison-Blanche, qui avoisinait 10 %, est retombé à moins de 5 % (de quoi faire rêver les hommes politiques français !). Ce n’est pas rien.

Mais la loi sur l’assurance maladie, le fameux Obamacare, a monopolisé son énergie et mécontenté une bonne partie de son électorat. Malgré tous ses efforts, Obama n’a pas réussi le moins du monde à mettre au point un système permettant de contrôler la vente des de catégorie militaire… Il est quand même parvenu à mettre hors d’état de nuire, le 2 mars 2011, au Pakistan, Oussama ben Laden, le trop célèbre inspirateur d’Al-Qaïda.

en 2001, Obama a cependant sagement refusé de céder à la tentation d’intervenir militairement en Syrie contre . À l’actif d’Obama, également, il faut compter la reprise des relations avec Cuba. Quant aux négociations avec l’Iran et la Chine, restaurées par Barack Obama, il faut s’attendre à les voir promptement remises en question par le nouveau président américain.

Sur le plan intérieur, autre échec. Les policiers blancs continuent à abattre avec constance des Noirs, et vieux, ce qui ne manque pas de provoquer manifestation sur manifestation.

Barack Hussein Obama compte parmi les présidents remarquables des États-Unis. Mais aura-t-il un successeur ? Pas de sitôt, sans doute. Quoi qu’il en soit, l’élection de Barack Obama fut un à la maturité politique de l’Amérique.

8 février 2017

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