« L’ d’abord ! » Donald Trump, inspiré par le slogan de Charles Lindbergh, vient de présenter sa politique étrangère le 27 avril à Washington devant le Center for the National Interest.

Ann Coulter, connue pour son livre ¡Adiós, America!, résume : « Enfin un candidat qui ne vit pas dans les années 80 ! »

Présentation faite le lendemain du grand soir trumpien : balayage du corridor atlantique nord-est avec des victoires massives. Le « Trump Nouveau » a, en dix mois, remporté 27 États, ramassé 50,2 % des délégués, accumulant 10,1 millions de votants républicains (3 millions d’avance sur Cruz), frisant les 1.000 délégués, se rapprochant des 1.237 requis pour une nomination automatique. L’exposé de la « doctrine Trump » vient donc à point nommé.

Selon CNN, sa vision, qui privilégie la sécurité des Américains, refuse les changements de régime, met au premier plan le terrorisme, insiste sur les nouvelles formes de guerre (économique, cybernétique, migratoire), va faire bondir de joie Vladimir Poutine, qui retiendra qu’il faut « arrêter cet horrible cycle d’hostilité » avec la Russie, d’autant que ce pays, qui « a connu les horreurs du terrorisme islamique », devrait être un allié dans la lutte des États-Unis contre un ennemi réel qui cible les communautés chrétiennes à l’ouest comme à l’est.

La démarche de Trump fusionne l’économique, l’industriel et le financier en une série de directives qui visent à « remplacer le hasard par l’intention, l’idéologie par la stratégie et le chaos par la paix », et surtout de « sauvegarder [l’]indépendance financière », refocalisant les investissements en chassant les gaspillages. Pas bon pour les lobbies. Son objectif : dissuader par une armée « si forte qu’on n’aura pas à s’en servir, [et si tel était le cas], s’en servir uniquement quand on est sûr de gagner ». Mais aussi partage du fardeau avec ses alliés, par exemple dans une redéfinie pour contrer terrorisme et migrations, puisque la charge de la dette ne permet plus de financer l’hégémonie en solo. Quant à la Chine, elle doit devenir un pays ami « qui respecte la force », et avec qui il faut inaugurer « une ère d’une encore plus importante prospérité ».

Mais, surtout, « le pays ne doit pas se soumettre à la fausse chanson du globalisme… l’État-nation reste la vraie fondation du bonheur et de l’harmonie ». Avec pour précision : « Au lieu de vouloir répandre des valeurs universelles que personne ne partage ou ne veut, nous devrions comprendre que le renforcement de la promotion de la civilisation occidentale comme de ses réalisations fera plus pour inspirer des réformes dans le monde que les interventions militaires. » Condition du succès : il faut des têtes nouvelles : « …de nouveaux [recrutements] parce que les anciens [talents] n’ont aucune idée de ce qu’ils font, quand bien même ils paraissent très bons dans les colonnes du New York Times ou à la télévision ».

À propos de télévision, Fox News a maintenant pour Donald les yeux de Chimène depuis qu’il s’est habilement engagé à coordonner l’effort de financement du Parti républicain, comme des parlementaires en réélection. Et son plan de realpolitik, qui ne parle pas de « valeurs » mais de principes, puissance et prospérité, y est plutôt bien commenté.

Mais c’est sans compter « l’establishment de l’establishment », ce cartel dont le #NeverTrump représente le vaisseau amiral, qui continue de transformer les Iznogoud Cruz et Kasich (et maintenant Fiorina) en « idiots utiles » à toutes sortes de manœuvres en coulisses destinées à évincer le vote populaire… Trop tard ?

29 avril 2016

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