Editoriaux - Histoire - Politique - Table - 13 novembre 2016

Trump, Poutine, Merkel, Hollande : des dirigeants si symptomatiques

En élisant Donald Trump, les Américains ont surpris. Pourtant, ils n’ont fait que revenir à leur identité profonde : au lieu d’une femme caricaturalement mondialiste et « moderne », ils ont élu un cow boy américain, un mâle mal dégrossi adepte du coup de poing médiatique, un héros hollywoodien à la John Wayne, luttant, colt en main, contre les bandits mexicains ou les oligarques véreux venus des métropoles. Ce retour aux mythes fondateurs est également perceptible dans la plupart des autres grandes puissances historiques.

Ainsi, au Royaume-Uni, le choix de Theresa May – une femme -, comme Premier ministre ne correspond absolument pas au conformisme féministe actuel mais à une résurgence de l’âme britannique, un pays qui est devenu une puissance majeure sous le règne de la reine Élisabeth Ire au XVIe siècle, qui a connu son apogée à l’époque de la reine Victoria et qui fut, pour la dernière fois, respecté sous la férule d’une autre femme, Margaret Thatcher, dans les années 1980. La conservatrice pro-Brexit Theresa May est donc bien, en dépit de sa délicatesse so British, une figure à la Donald Trump, une incarnation de la nation britannique renaissante.

Aux portes de l’Europe, Vladimir Poutine et Recep Erdoğan incarnent à leur manière la résurgence de la tradition impériale et autoritaire de la Russie et de la Turquie. Ce sont deux descendants symboliques des tsars russes et des sultans ottomans qui appuient leur popularité sur un retour aux traditions martiales et aux racines religieuses de leur patrie : le christianisme orthodoxe pour Poutine, l’islam sunnite pour Erdoğan. En Inde, aussi, Narendra Modi, le Premier ministre, est un nationaliste qui s’appuie sur le réveil de l’hindouisme et, en Chine, Xi Jinping, quoique secrétaire général du Parti communiste, évoque la force et le patriotisme des empereurs Ming.

Dans ce grand réveil des peuples, les puissances de l’Europe continentale semblent en retard. Certes, le succès de Viktor Orbán en Hongrie et la victoire annoncée de Norbert Hofer en Autriche suggèrent la résurgence de l’Empire austro-hongrois, mais pour ce qui est de l’Allemagne et de la France, le tableau est accablant. Ici, pas de chef charismatique incarnant les forces profondes de la nation, mais deux figures incarnant les forces modernes et morbides de la haine des siens : Angela Merkel et François Hollande.

Angela Merkel, femme sans âge, sans grâce et sans enfant, évoque à elle seule le suicide démographique et moral de l’Allemagne libérale-protestante. Croyant expier les crimes du totalitarisme nazi, elle livre son peuple au totalitarisme islamiste. Les succès de l’AfD laissent penser qu’une partie du peuple refuse la douce euthanasie qu’on lui propose, mais on ne peut pas exclure que le nazisme ait définitivement tué l’âme allemande. Si c’est le cas, l’Allemagne disparaîtra de l’Histoire avec sa chancelière, même si ses patrons et ses entreprises continuent à prospérer.

En France, il n’est pas nécessaire d’épiloguer pour comprendre que François Hollande incarne magnifiquement « le suicide français », ou plutôt l’homicide commis par les élites.

Pourtant, dans le pays profond, le feu couve, des forces historiques colossales font craquer les digues du système oligarchique. Le peuple, morts glorieux et vivants réunis, aspire à confier les rênes du pays à un de ces dirigeants d’exception dont l’Histoire nous a si souvent gratifiés. Lorsque les conséquences tragiques des politiques menées depuis 40 ans seront devenues manifestes même pour les plus naïfs, peut-être verrons-nous surgir un vrai chef. Prendra-t-il le visage d’une jeune fille comme Jeanne d’Arc, d’un général audacieux comme Bonaparte ou de Gaulle, ou bien sera-ce à nouveau une figure totalement imprévisible ? Espérons que nous n’aurons pas trop à attendre pour connaître la réponse.

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