Trump ne représente pas qu’un parti mais une communauté bientôt minoritaire

Le 3 mai, la victoire de Donald Trump dans l’Indiana surprend d’autant plus que sa campagne a parfois été jugée grotesque sous certains aspects. Et pourtant, si les « journalistes se sont plantés », ainsi que l’annonce le dernier article des Inrocks, rien de surprenant puisque les « sondages téléphoniques », les « statistiques » ou les analyses politiques ne remplaceront jamais la réalité du terrain. L’échec de leurs pronostics s’explique par l’omission de deux différences fondamentales entre notre continent et l’Amérique du Nord : la culture américaine se nourrit du spectacle (« show ») mais, surtout, leur société repose sur la division et la cohabitation de communautés raciales. Aucun tabou à ce sujet : la « race » est inscrite sur leur carte verte, comme la nationalité pour les Français.

Par conséquent, chaque candidat à l’élection présidentielle ne représente pas seulement un parti mais une communauté. La plupart des Blancs votent pour Trump parce qu’il apparaît comme un porte-parole de leurs droits — de même qu’Obama fut celui des Afro-Américains ou que Cruz représentait les Hispaniques.

J’ai passé plusieurs semaines au Texas l’année dernière et les propos d’Américains blancs que j’ai entendus, dans divers milieux sociaux, affirment unanimement la même chose : ils se voient repoussés dans les campagnes par les autres communautés ou les clandestins qui affluent régulièrement. Le sentiment d’être menacés est une réalité quotidienne. Selon le département de la Justice, 33,6 % des femmes blanches violées le furent par un homme noir. La réciproque n’existe pas. Meurtres, fusillades, etc., la violence extrême de cette société n’est plus à décrire malgré la peine de mort. Ils voteront donc pour Trump dans l’espoir de rétablir les frontières et la sécurité. Lors de ces séjours, j’ai constaté que certains quartiers des plus grandes mégalopoles comme Houston ressemblent effectivement à des ghettos. Les gangs ne sévissent pas seulement dans les prisons : ils se partagent certaines zones, certaines rues. Dans la population gronde une frustration croissante, liée au sentiment d’être envahie et menacée par l’autre.

Les États-Unis ne possèdent pas un héritage historique aussi ancien que le nôtre, mais chaque communauté s’accroche pourtant à ses racines. Or, les Blancs deviennent peu à peu minoritaires aux USA — les statistiques confirment cette prévision pour 2040. Il n’y a donc rien d’absurde si Trump défend avant tout l’idée de nation dans son programme, bien au contraire ! L’union fait la force, mais l’union n’est pas un vaste brassage ethnique — c’est une assimilation. Le candidat annonce que « tout plan d’immigration doit impliquer un travail, un salaire et la sécurité pour tous les Américains ». Il a raison : pourquoi la société américaine financerait les coûts de l’immigration, à l’exemple de Manuel Valls qui « suicide » de force notre pays en annonçant, à cet effet, « le déblocage de 613 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2017 » ?

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