Avec l’élection de Donald Trump risque de se former inopinément un abcès de fixation géopolitique qui pourrait mener au bord d’un conflit nucléaire.

Il s’agit de la et de son président, le dictateur Kim-Jong-un. On connaît l’affaire dans ses grandes lignes : comment ce pays minuscule a émergé de la fin de la guerre de Corée de 1953 comme un glacis protecteur pour la Chine, et un laissé-pour-compte pour les États-Unis lassés de cette guerre sans issue.

Mais voilà que le nabot, de grotesque, devient dangereux. Année après année, il puise sans compter dans les maigres ressources de cette population réduite à l’esclavage et à la famine. Car la Corée du Nord ne survit que grâce à l’aide alimentaire massive de la Chine, et aussi de l’Occident qui a cédé à son chantage. Cet effort démesuré a pour but de constituer, aussi vite que possible, un arsenal nucléaire redoutable – bombes et fusées – susceptible de frapper les États-Unis sur leur territoire même, sous le prétexte fallacieux de se protéger d’une éventuelle attaque américaine. Il s’agit, en fait, de permettre la survie de ce régime odieux.

La Corée du Nord disposerait de 10 à 16 bombes nucléaires. Le 8 mai 2016, ce pays aurait procédé à un essai de tir d’un missile sous-marin et il travaille activement à la mise au point d’un missile intercontinental à longue portée susceptible d’emporter une charge nucléaire. Le 9 septembre 2016, la Corée du Nord a procédé à une explosion nucléaire de moyenne ampleur, la 6e depuis 2006. Cet essai a soulevé, comme d’habitude, une tempête de protestations de la part de la communauté internationale dont la Corée du Nord, comme d’habitude, n’a tenu rigoureusement aucun compte. Mais ce petit jeu subtil pourrait arriver à son terme.

En effet, la Chine a cru longtemps pouvoir jouer sur les deux tableaux. Elle avait à l’origine soutenu et armé le régime nord-coréen. Mais elle est de plus en plus fatiguée de cet incommode partenaire dont elle perçoit bien qu’il risque fort de lui créer des difficultés intolérables, non seulement sur le plan commercial (et la Chine en est fort dépendante pour financer sa croissance), mais aussi sur le plan militaire. La dernière chose que souhaite la Chine est de se lancer, directement ou indirectement, dans une guerre ouverte ou larvée à ses portes. Car cela ne manquerait pas de remettre radicalement en question tout l’édifice de prospérité laborieusement édifié depuis Deng Xiaoping, dont dépend l’équilibre interne du régime.

De leur côté, les États-Unis ont longtemps toléré les aboiements lointains de ce roquet nucléaire agressif. Mais l’affaire tourne maintenant au vinaigre.

Pour ne rien arranger, il existe déjà un sérieux contentieux avec la Chine, cette dernière reprochant aux États-Unis les incursions de la marine américaine en Mer de Chine et l’ accusant le commerce extérieur chinois de détruire des emplois américains.

Dans ce contexte, l’irruption sur la scène internationale d’un personnage comme Donald Trump va radicalement changer la donne. Le nouveau président américain est connu pour sa capacité, dans le monde des affaires, à prendre d’énormes risques, et à bien s’en sortir, notamment grâce à un incomparable talent de négociateur et de communicateur et à son de la persuasion. C’est d’ailleurs comme cela qu’il a gagné les et réussi à amasser une fortune colossale. Mais il est aussi connu pour son intolérance et son penchant à rendre coup pour coup, souvent avec usure. Reste à voir si cet incontestable talent sera d’une quelconque utilité dans l’univers glacé de la géopolitique internationale où les règles du jeu sont totalement différentes. Comment la Chine va-t-elle réagir au coup de boutoir que Donald Trump ne va pas manquer d’assener tôt ou tard à la Corée du Nord ?

L’avenir peut se révéler fertile en émotions fortes, voire en sueurs froides.

30 janvier 2017

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