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Culture - Editoriaux - International - Justice - Politique - Santé - Sport - 5 décembre 2016

Trump brouille les cartes… et met les pendules à l’heure

Depuis le vote du 8 novembre, Trump a d’abord nommé sa garde rapprochée aux postes clés de la Sainte-Trinité politique : la stratégie (Steve Bannon), la sécurité nationale (le lieutenant-général Mike Flynn), la justice (Jeff Sessions). Il a ensuite procédé au recrutement d’une série de technocrates, du public comme du privé, afin de prendre en charge le commerce (renégociation des accords économiques internationaux), la santé (remplacement de l’Obamacare), l’éducation (retour à la compétence des États et subventions directes aux parents), les transports (politique de grands travaux d’infrastructure). Puis il a désigné les patrons de la CIA ainsi que de la mission diplomatique aux Nations unies.

De nombreux postes sont encore à pourvoir, et il n’est pas à exclure de voir certains démocrates rejoindre Trump.

La toute récente nomination du général James Mattis au poste de ministre de la Défense est intéressante. En désignant un ancien adversaire que les #NeverTrump avaient tenté de pousser dans la course présidentielle, Trump a choisi un « pro de la vieille école », pétri de culture générale et historique (il forçait ses officiers à lire une liste d’ouvrages avant de déclencher une opération militaire) comme du sens de l’honneur. Mattis devra, surtout, remettre de l’ordre dans cette administration coûteuse et ingérable qu’est devenu un département de la Défense, rongé par le poids d’une bureaucratie qui attend ses prochains pantouflages. Mattis est un présumé faucon, sorti de la guerre froide, angoissé par le fondamentalisme islamiste auquel il a été confronté en Afghanistan et en Irak.

La plus importante des nominations reste celle du secrétaire d’État (les Affaires étrangères). Car Trump, ici, a besoin d’un destructeur-reconstructeur pour cette autre bureaucratie qui, inséminée il y a une génération par Zbigniew Brzeziński, a fait la pluie et le beau temps sous George W. Bush comme sous Obama. Ceci pourrait expliquer les apparentes « hésitations » du futur président, voire son attirance pour Mitt Romney, qui avait « redressé » les très corrompus Jeux olympiques de Salt Lake City avec brio.

C’est ici que se situe la ligne de fracture entre néocons et populistes. Le choix du secrétaire d’État déterminera le camp qui aura gagné…

Mais Trump semble remettre les pendules à l’heure, laissant peut-être présager la persistance du « populisme » derrière ses manœuvres politiciennes.

D’abord, en inaugurant une “tournée de remerciements” dans les États ouvriers, Trump renoue avec la démocratie du bain de foule, rappelant aux bureaucrates comme à l’establishment républicain qu’il ne travaille pas pour eux. Son message du 1er décembre, à Cincinnati, a ainsi été fidèle aux promesses de sa campagne : “Pas de changements de régimes, et on s’allie avec tous ceux qui veulent combattre le terrorisme islamiste.”

Ensuite, par sa discussion avec la présidente de Taïwan, Trump a ignoré la doctrine du département d’État au sujet d’une île qu’ils avaient oubliée. Alors que les Chinois inventent sans vergogne leurs îles artificielles dans les eaux internationales en vue de contrôler les flux du commerce international. Sans résistance du département d’État… les Chinois savent maintenant que, là, “ça va négocier”.

Cela présage-t-il une nomination surprise au département d’État, par exemple celle de la démocrate Tulsi Gabbard ? Sait-on jamais…

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