À moins d’avoir choisi une saine déconnexion pour les vacances, ou tout simplement de ne pas en avoir, il est difficile d’avoir pu ignorer la catastrophe aérienne survenue le jeudi 24 juillet dernier.

Un avion d’Air Algérie, le AH 5017 à destination d’Alger, a disparu cinquante minutes après son décollage des pistes de l’aéroport de Ouagadougou au Burkina Faso. L’épave de l’avion a finalement été retrouvée au nord du Mali. Sur les 118 personnes à bord, aucun survivant n’a été retrouvé. Dans cette tragédie, la France paie un lourd tribut avec 54 victimes du crash. L’une des plus grosses pertes françaises en termes d’accident aérien depuis celui du vol Rio- survenu dans les eaux brésiliennes le 1er juin 2009 qui fit 61 victimes françaises.

Face à cet accident aérien, notre Président s’est mué en directeur de communication jouant à pleines turbines sur le registre de l’émotion, multipliant les prises de parole et les déclarations solennelles faisant part de son « immense émotion ». C’est à se demander quelle sera l’ampleur de cette dernière si, par malheur, des catastrophes plus conséquentes venaient à frapper le pays… Il faut dire qu’en matière de crash, Hollande s’y connaît : quand on a une cote de popularité atteignant péniblement les 22 % au mois de juillet, on ne lésine pas sur la compassion médiatico-populaire. Une implication qui serait pourtant plutôt bienvenue sur des sujets épineux comme le chômage.

Outre leurs condoléances, dans la lignée du Burkina Faso et de l’Algérie, les autorités ont décrété la mise en œuvre, dès le lundi 28 juillet, de trois jours de deuil au niveau national et non de deuil national – la nuance est importante. Ce deuil s’illustre par la mise en berne du drapeau français sur tous les établissements publics du pays. Un hommage peu usité qui, à l’instar de la mobilisation de Hollande, paraît disproportionné. Certes, les précédents crashs d’avion comme celui du Rio-Paris ont également occasionné une journée de deuil au niveau national. Mais reprendre une mesure ancienne en l’amplifiant ne saurait justifier le bien-fondé de celle-ci. De nombreuses autres causes tout aussi terribles mériteraient probablement ces égards. Et, finalement, les drapeaux tricolores seraient en berne à l’année.

Ce surinvestissement médiatique ne fait que souligner l’éclatant silence, ou du moins la faible considération, de la classe politique envers des sujets dramatiques mais moins payants au sens politique du terme : la disparition des chrétiens d’Irak ou encore la mort de soldats français sur la même terre que celle du crash, au Mali. Quitte à décréter des journées de deuil au niveau national, celles-ci ne devraient-elles pas être en hommage à ceux qui consacrent leur vie à défendre le pays ?

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