Plusieurs fusils ont retenu mon attention ces jours derniers.

Tout d’abord, celui qu’ont exhibé deux Calaisiens, un père et son fils, aux prises avec des migrants et des manifestants d’extrême gauche. Ces deux Français d’origine française, de condition modeste, se sont sentis menacés. On a échangé quelques insultes et projectiles. La « jungle » est toute proche et a tendance à s’étendre, compte tenu de l’incurie, qui n’est pas récente, des pouvoirs publics. Les antifas, toujours vigilants (c’est leur boulot), étaient là. Fort heureusement, personne n’a été blessé. Mais des caméras ont filmé la scène. Des franchouillards, des Dupont Lajoie qui pointent leur arme en direction de migrants, ça nécessite une enquête. Il a fallu tenter de se justifier. Peut-être y aura-t-il un procès. Dans cette hypothèse, le député Gilbert Collard, élu du Rassemblement Bleu Marine, a proposé de revêtir de nouveau sa robe d’avocat pour assurer gracieusement la défense. Mais certains médias n’ont pas besoin d’une décision de justice pour forger leur opinion. Vendredi, le quotidien Nord Littoral, journal de la Côte d’Opale, n’hésitait pas à titrer, en caractères gras et à la une : « Gilbert Collard défendra les deux fachos calaisiens. » Pour ma part, je déteste les lynchages médiatiques. Or, détenir une arme (a fortiori s’en servir) et entourer sa propriété d’une clôture, c’est déjà mauvais signe aux yeux de certains.

Deuxième fusil : celui avec lequel Jacqueline Sauvage a tué son mari.

Des jurés ont pris le temps de se pencher sur cette affaire. À deux reprises, l’épouse meurtrière a été condamnée. En première instance et en appel. À la même peine : dix ans de prison ferme. La légitime défense n’a pas été retenue car la riposte n’a pas été concomitante des coups reçus. Reste un ultime recours, parfaitement légitime et constitutionnel : une grâce présidentielle, partielle ou totale. De nombreux témoins le confirment : il existe des circonstances atténuantes dont, en principe, les jurés ont tenu compte ou étaient censés tenir compte. Madame Sauvage a été brutalisée pendant de longues années par un mari violent qui s’en prenait aussi à leurs enfants. Les filles de la condamnée, solidaires de leur mère, ont réclamé une mesure de clémence et en ont appelé au Président. On peut les comprendre. À titre personnel, en tant que citoyen, je n’ai rien contre le droit de grâce qui fait partie des prérogatives régaliennes du chef de l’État et qui rappelle l’Ancien Régime. Ce qui me dérange davantage, c’est la rumeur publique, les signatures apposées à la hâte en bas d’une pétition, les pressions des organisations féministes et des personnalités politiques. Des institutions et des règles ont été prévues. Elles ont fonctionné : le président de la République a décidé souverainement d’accorder sa grâce.

Dernière arme à feu: le fusil automatique de Ted Cruz. Vous avez peut-être découvert ce sénateur texan l’autre soir au 20 heures de France 2 ou vous allez apprendre à le connaître puisque le processus de sélection des candidats pour le scrutin de novembre débute en ce moment. Aux États-Unis de manière générale, et en particulier à l’aile droite du « Grand Old Party », les armes à feu sont bien vues. Vérité en deçà de l’Atlantique, erreur au-delà ! Ted Cruz se flatte d’être plus conservateur que et, surtout, il est très fier (il en a même fait un clip de campagne) de pouvoir faire rôtir un peu de lard fumé sur le canon de son fusil automatique. Après quelques bonnes rafales, le canon est brûlant et fait office de barbecue. Croustillant, non ? Une chose est claire : dans les États du Sud profond et dans le « Middle West », bastions du conservatisme, le fait de posséder une arme et d’être prêt à s’en servir pour défendre sa famille ou son bien, ça ne vous attire pas des ennuis et ça peut même rapporter des voix dans la course à la Maison-Blanche !

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