14 juillet 2016 : 86 personnes perdent la vie, fauchées par un terroriste islamiste sur la promenade des Anglais à Nice. 458 personnes sont blessées. Les centres médico-psychologiques recensent 4.000 victimes psychiques dans les 27 jours suivant l’attentat, selon les données du ministère de la Santé.

Ce 14 juillet 2016, environ 30.000 personnes s’étaient rassemblées sur la promenade des Anglais pour le feu d’artifice. Au volant d’un camion de 19 tonnes, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, trentenaire originaire de Tunisie demeurant à Nice, fonce sur la foule, fauchant des dizaines de personnes en l’espace de dix minutes. La police réussit finalement à l'abattre. L’impact traumatique de l'attentat s’est répercuté sur l’ensemble de la population, témoin direct ou témoin indirect, victimes et familles de victimes, proches et voisins.

La scène était apocalyptique, d’une violence sauvage, aveugle, exercée au nom d’une idéologie meurtrière, revendiquée par l’organisation terroriste Daech. Radicalisé, l’assaillant avait préparé son attentat et bénéficié de soutiens ou d’intermédiaires. Sept hommes et une femme, seront jugés à partir du 5 septembre prochain devant la cour d’assises spéciale de Paris.

À Nice, à l'occasion des commémorations de l’attentat, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, dans un entretien à Nice-Matin, déclare : « Nous répondrons à cette barbarie par le droit. » Il assure que « 91 % des victimes ont reçu une offre d’indemnisation » par le fonds de garantie dédié, à hauteur de 92 millions d’euros.

Évidemment, si cette réparation est un maillon important de la reconnaissance du statut de victime, ce n’est pas cela qui apaisera les blessures profondes de la perte et du deuil : cet aspect revêt une importance vitale, puisque le stress post-traumatique évolue à bas bruit, parfois sur des années, et peut lui-même conduire les blessés psychiques au suicide : on l’a vu avec la tentative de suicide du « héros au scooter », le 10 octobre 2019. Le RAID avait dû intervenir pour le sauver.

Un père de famille, Tahar Mejri, est mort de chagrin le 14 juin 2019. Après avoir assisté à la tuerie, il avait erré deux jours durant à travers la ville pour retrouver la trace de son fils, Kylan. Ce n’est que le 16 juillet que Tahar Mejri apprenait la mort de son enfant devant l'un des hôpitaux de la ville. Il s’est laissé mourir à petit feu, sans que son état ne semble alerter les services de santé ou de prévention. Une toute petite partie de l’iceberg émotionnel de cet attentat qui a touché, comme une bombe à fragmentation, des milliers de personnes.

Plusieurs associations se sont constituées parties civiles dans ce procès rassemblant 865 personnes. Il se tiendra en septembre dans la même salle d’audience que le procès du 13 novembre.

Durant trois mois, il sera retransmis à Nice, dans un espace dédié à l’accueil et l’accompagnement des personnes touchées par l’attentat : l’Espace Méditerranée du Palais Acropolis. Ce lieu, qui avait accueilli en 2019 le Congrès international des victimes du terrorisme, a aménagé deux salles : une pour le public, de 500 places, et l’autre, de 200 places, pour les journalistes. Le procès sera retransmis à distance, 25 % des victimes étant de nationalité étrangère.

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14 juillet 2022

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