Editoriaux - Histoire - Industrie - International - 5 septembre 2015

Le triomphe américain sur le reste du monde

Je ne suis pas vraiment pro-américain, mais je dois pourtant reconnaître une chose : je n’ai jamais vu le pouvoir américain aussi dominant dans le monde. C’est le talon de fer. Quels artistes !

L’Europe fait ce que l’oncle Sam lui dit de faire, y compris de détruire la Syrie et la Lybie et de se faire envahir, y compris de signer un traité de commerce qui achèvera son économie, y compris de se préparer à une nouvelle guerre froide.
La danseuse Merkel a gardé la Grèce dans l’euro pour faire plaisir à son maître Obama. La France a pris son coup de Mistral, et en réalité les Européens n’ont jamais été aussi disciplinés de leur histoire, car ils obéissent au dollar, « vrai Saint-Esprit, plus précieux que du sang », a dit mon Céline.

C’est l’Amérique de l’Atlantique à l’Oural.

Mais les Européens ont sans doute eu raison de rester soumis. Car il ne fait pas bon chatouiller un tigre de papier qui sait vous remettre dans le droit chemin sans bouger le petit canon. Je l’avais souligné l’an dernier dans mon texte sur la débâcle russe : l’Amérique humiliait la Russie en faisant s’écrouler son rouble et sa croissance ; et les européens se sabordaient en sanctionnant les Russes, promis à une soumission iranienne.
En dépit des analyses des Sapir et autres, l’économie russe continue son écroulement et le rouble est à nouveau très bas. Ce n’est pas Obama ou le Pentagone qui se plaindront de Poutine, car ils en auront fait un bon usage en lui agitant le chiffon rouge, puis en rameutant les troupes dociles : opération Crimée et châtiment…

Cette année, c’est au tour du Brésil hostile de connaître les joies de la crise.
On ne cachera pas non plus le sort risible des Chinois, cherchant à maintenir leur monnaie à la baisse face au dollar. Peter Schiff s’est trompé : les Chinois veulent continuer à être soumis et à vendre leur froide camelote aux américains, dont ils ont financé la surconsommation depuis vingt ans, après tant d’autres, allemands ou japonais. Les Chinois communistes ou nationalistes veulent demeurer à disposition de leur maître, c’est tout. Comme disait encore Céline, expert en masochisme, ils ne veulent pas connaître d’autre trique.

Puis les matières premières et l’énergie se sont écroulées, sanctionnant toutes les économies qui en dépendaient, et donc les économies industrielles qui exportaient. Et l’Amérique totalement improductive n’a pas de souci à se faire.
Le dollar à intérêt zéro n’a pas cessé de monter, l’or promis par les apocalyptiques de baisser, l’euro de patauger, les monnaies ennemies d’être humiliées.
Tout cela se fait bien sûr par enchantement. C’est le triomphe de la magie et du virtuel sur le reste du troupeau de nos petites âmes programmées depuis l’enfance par Gaga et les tortues Ninja, le triomphe du NASDAQ sur toute économie réelle.
C’est le triomphe de l’économie sacerdotale dont le grand-prêtre est l’oncle Sam.

Nous verrons si la roche tarpéienne est près du Capitole. Mais depuis le temps…

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