[TRIBUNE] Budget : quand le sage montre la Lune du doigt, l’idiot regarde le doigt

Le sauvetage économique et financier de la France est possible, mais il nécessite le renversement total d'un système délétère.
©Pixels/Nicolás Langellotti
©Pixels/Nicolás Langellotti

La palinodie budgétaire est devenue un « marronnier » médiatique depuis que le président de la République ne peut disposer d’une majorité stable à l’Assemblée nationale. Évidemment, la question du déficit budgétaire est au centre de toutes les discussions. Chacun y va de ses suggestions mais - nécessités électorales exigent - rien de décisif ne sera tranché.

Il semblerait que certains aient trouvé la recette miracle : les retraites, ou plus précisément la non-indexation des pensions ou de certaines d’entre elles. C’est un peu comme le poumon du malade imaginaire !

Si les politiciens étaient sérieux...

La question posée serait celle de la raison pour laquelle, en France, seulement 44 % des personnes âgées de 60 à 64 ans ont un emploi. Alors qu’en Suède ils sont 71,1 %, 69,5 % aux Pays-Bas, 67,6 % en Allemagne. Reculer l’âge légal de la retraite ne sert à rien si les personnes de 60 ans et plus ne sont que minoritairement en emploi. La question est de savoir pourquoi le pourcentage d’emploi est si faible, passé un certain âge ? En partie parce qu’un salarié en fin de carrière coûte plus cher qu’un salarié plus jeune et que certaines sociétés préfèrent se séparer des « seniors », moyennant indemnité, et de les remplacer par des salariés plus jeunes. Là où l’âge légal de la retraite joue un rôle, c’est que les employeurs « calent » l’indemnité de départ en fonction de l’âge auquel le salarié pourra bénéficier d’une retraite, même si elle n’est pas à taux plein.

Rappelons, aussi, qu’une loi Thomas avait été votée en 1997 et qu’elle visait à créer, en complément de la retraite par répartition, une retraite par capitalisation et des fonds de pension français. Lionel Jospin, devenu Premier ministre, a refusé de publier les décrets d’application puis fait abroger la loi en 2000, par pure idéologie socialiste. Les spécialistes estiment que si cette législation avait été maintenue, elle aurait permis de représenter entre 15 et 20 % du financement des retraites, en même temps qu’elle créait des sources de financement nationales pour les entreprises françaises. Jamais il ne sera assez répété que les socialistes, depuis Mitterrand, ont mené des politiques idéologiques désastreuses pour la France, le bien-être des Français et la solidité de notre économie.

Le coût invraisemblable de la sur-administration française

En revanche, pas un mot, ou si peu, au sujet du coût invraisemblable de la sur-administration française et de la gabegie bureaucratique. La France compte 5,85 millions d’agents publics, soit 20 % de l’emploi total. Par comparaison, la part de l’emploi public est de 13 % en Allemagne, de 14 % en Italie et en Autriche, de 16 % aux Pays-Bas et de 17 % en Espagne et au Royaume-Uni (FIPECO). Entre 1997 et 2024, la fonction publique territoriale a crû de 47 % et la fonction publique hospitalière de 39 %. Essentiellement pour accomplir des tâches bureaucratiques et de contrôle, car le bureaucrate français est formé à faire de la norme et à contrôler son application, plutôt qu’à venir en appui des citoyens. Or, malgré ce nombre, le moins que l’on puisse dire est que nos services publics ne sont pas au sommet de la performance. L’invraisemblable empilement de niveaux administratifs et politiques est pour beaucoup dans ce gâchis et les « économies d’échelle » promises ne sont jamais au rendez-vous, contrairement aux doublons et à l’éloignement de la prise de décision.

Et que dire de la mauvaise allocation des deniers « publics », c'est-à-dire des nôtres ! Telle communauté de communes implante, à coups de centaines de milliers d’euros, un office de tourisme dans une commune où ne passe aucun touriste, sauf s’il s’est égaré. La région Pays de la Loire fait apposer, dans chaque commune, un panneau annonçant que « la région soutient votre commune ». Tout le monde s’en moque et la dépense est parfaitement inutile, mais des élus inconnus veulent démontrer leur incertaine utilité. « Il faut bien rendre des services aux citoyens », entend-on ! Services qu’ils n’ont jamais demandés et qui nécessitent bureaucrates et bâtiments pour les abriter.

Des sources d'économie ? Il y en a...

Silence radio, aussi, sur le coût de l’immigration incontrôlée et de large ouverture sur le monde de notre « État social » à crédit. Selon l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, le coût résiduel brut s’élève à 41 milliards d’euros, et 34,4 milliards si l’on retranche les personnes originaires de l’UE, du Royaume-Uni et celles ayant un emploi, quelle que soit leur origine. La Cour des comptes estime, quant à elle, que l’immigration irrégulière coûte 1,8 milliard d’euros par an. Mais « cachez ce coût que je ne saurais voir » !

La France est contributrice nette à l’UE, c'est-à-dire qu’elle verse plus qu’elle ne reçoit. Le Sénat estimait, en 2023, que ceci représentait un solde négatif de -9,3 milliards d’euros. Encore une source d’économies prohibée !

Ainsi, donc, le sauvetage économique et financier de la France est possible, mais il nécessite le renversement total du système délétère, étouffant et menaçant qui s’est imposé en France depuis Mitterrand et que la droite conformiste n’a jamais osé remettre en cause, par lâcheté et par une commune adhésion aux principes européistes et mondialistes qui consistent à ôter au peuple, supposé souverain, la maîtrise de son destin. Français, osez donc renverser la table !

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 31/08/2026 à 12:50.
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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

57 commentaires

  1. En France grosso modo notre système électif fonctionne. Mais allez donc savoir pourquoi se retrouve pratiquement toujours à sa tête, à l’Élysée, à Matignon ou dans les ministères une « élite » très diplômée mais nullement formée aux postes où elle se trouve parachutée. Rares sont au pouvoir les vrais spécialistes ni même les personnes de grande expérience de la gestion publique. C’est la grande tare de notre démocratie. Nous sommes finalement gouvernés par un assortiment de personnes qui ne connaît que l’entre-soi protecteur de leurs privilèges et avantages. Tous partis et bords confondus ils ne sont que quelques centaines à se relayer au pouvoir et profiter de leurs administrés. Hélas pour le Pays, ce n’est pas tous les jours que se révèle une personnalité du type « de Gaulle ». Il n’empêche, cela nous arrivera bien un jour…plus tard que 2027.

  2. Dans tout le secteur privé, l’informatisation a permis un très net gain de productivité et donc un allègement des effectifs, indispensable pour faire face à la concurrence. Dans la fonction publique c’est l’inverse, comme si l’informatisation entrainait au contraire une hausse des effectifs.

  3. quand le sage montre la Lune du doigt, l’idiot regarde le doigt et le gauchiste tourne le dos et regarde dans la direction inverse

  4. Oui à MONIC 29 le 31.08 à 10h03. De plus, nous attendons le classement PISA en septembre, on va se marrer!

  5. Je pense que, tentant de nous faire croire que nous sommes des sages, ils nous montrent la Lune avec le doigt, sûrs que nous regarderons la Lune, ils nous font les poches avec le doigt, pardon quasiment avec les deux mains!

  6. Espérons qu’aux prochaines élections les français sachent choisir le meilleur bulletin pour mettre un frein à cette énorme gabegie.
    Notons que de plus en plus de personnalités politiques de droite, par leurs discours, ouvrent les yeux des français sur ces dizaines de milliards jetés par les fenêtres.

  7. Entre une gauche sociale et miterrandienne, une droite ôh combien conformiste, et un centre gauche incompétent, cela fait donc presque un demi-siècle que nous sommes dirigés par la gauche. Le bilan aujourdhui se passe en effet de tout commentaire. Stop à la démagogie !

  8. Un sacré nettoyage à faire !! On ne va plus reconnaitre la maison !! Mais il va falloir un sacré courage !!L’aura t on ??

  9. Quel plaisir de lire enfin un article avec lequel je suis d’accord à 120 % !
    Il y a 1 million 500 000 fonctionnaires a licencier rapidement en ne leur offrant comme seule alternative qu’une formation professionnelle dans des métiers pénibles ou la rue ! Ce sont les véritables parasites de ce pays . Et pour ce faire il faut detruire tout ce qui a été créé depuis Mitterand et la loi Deferre de 1982 sur la décentralisation .La province et ses élites ont largement démontré leur nocivité et leur impéritie .

    • « Il y a 1 million 500 000 fonctionnaires à licencier rapidement « , certes, mais leur statut oblige à les payer jusqu’à leur mort, et tous nos grands conseils (d’État et constitutionnel) y veilleront…

    • pour ces ignares politiques, celui qui emportera leur voix sera celui qui leur donnera 120 balles, à comparer à celui qui n’en donnera que 100…balles !
      c’est l’enseignement qu’il faut d’abord changer car fabriquer des idiots….in fine….ça donne la gauche à tous les coups
      inutile de dire qu’on en est pas sorti !

  10. Avant de renverser ce système délétère, la 1ere chose a faire est de compulser les entrées et sorties, les entrées et les dépenses comme le fait tout bon comptable.
    Et là on a la liste des milliards distribués n’importe comment et qu’on doit éliminer de toute urgence. Que ce soit les dépenses pour les migrants, l’aide à l’Ukraine, à l’Algérie, à l’Afrique , le paiement à vie des retraités du gouvernement, etc…
    C’est du très vite vu sans y passer des années !!

  11. Le mot est juste, notre pays est géré de manière délétère depuis plusieurs décennies. et la dernière est sans doute la pire. Mais qui pour incarner cette mission de manière crédible ?

  12. Petite précision. D’après l’IA de google, cette loi Thomas ne daterait pas de 1977, mais de 1997 sous le gouvernement Juppé. Juste avant une dissolution ratée suggérée par De Villepin. Jospin, dans son idéologie et sa vision courtermiste, ne l’a effectivement pas promulguée et ensuite annulée. Quel gâchis…

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