Les chiffres relatifs à l’état de la criminalité en France pour l’année 2022 viennent d’être publiés par le ministère de l’Intérieur. Et ils sont catastrophiques !

Il ne s’agit pas, dans les lignes qui vont suivre, de faire le seul procès de Gérald Darmanin, l’actuel ministre en charge de la protection des Français. Nous savons tous, en effet, qu’il a hérité d’une situation difficile que ses différents prédécesseurs, Christophe Castaner en particulier, ont largement contribué à installer. Mais il est également impossible d’exonérer de toutes responsabilités l’actuel locataire de la place Beauvau qui, après plusieurs années passées à son poste et des milliards d’euros dépensés, ne peut aujourd’hui nous présenter qu’un sombre bilan.

Tous les indicateurs à la hausse

En effet, l’année 2022 a vu tous les indicateurs retenus pour mesurer l’ampleur du phénomène criminel dans notre pays se fixer à la hausse. Ainsi, les homicides progressent de 9 %, avec près de 1.000 faits constatés (959). Les coups et blessures volontaires connaissent, pour leur part, une augmentation de 15 %, ce qui représente environ 1.000 infractions de ce type par jour. À cet égard, l’actualité quotidienne ne manque pas de nous rapporter régulièrement l’atrocité de la manière dont certains de ces crimes sont commis. Les viols et tentatives de viol bondissent de 14 %, passant de 41.600 faits constatés en 2017 (année de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron) à 84.500 faits aujourd’hui. 213 faits de ce type quotidiennement ! Les vols sans violences, ceux qui caractérisent la délinquance souvent la plus pernicieuse, représentent désormais 663.700 infractions commises, soit +14 % par rapport à l’année 2021. Enfin, et pour en terminer avec ce bref mais triste tableau, la délinquance de voie publique, qui avec une augmentation de 30 % des vols d’accessoires automobiles, de 11 % des cambriolages et de 9 % des vols véhicules, contribuera sans doute encore pour longtemps à nourrir « le sentiment d’insécurité » cher à Dupond-Moretti.

Comme à son habitude, ce gouvernement tentera de vendre son accablant bilan sécuritaire comme étant une grande réussite. Nous en avons désormais l’habitude. Pourtant, un minimum d’honnêteté intellectuelle (notez que je ne parle pas d’humilité, car ces gens-là en sont incapables), devrait suffire à admettre que la politique suivie en la matière jusque-là est inopérante et qu’il est de la plus grande urgence d’en changer.

Car soyons clairs, les seules actions menées au cours de ces dernières années ont consisté en l’organisation d’opérations de police plus médiatiques qu’efficaces sur le terrain. En la mise en place de réformes totalement déconnectées des besoins réels en matière de sécurité pour notre pays. Et dans l’octroi, aux forces de l’ordre, de quelques miettes statutaires ne répondant en rien à leurs vraies demandes et préoccupations.

Méthodes d'un autre siècle

En réalité, Gérald Darmanin, pas plus que ceux qui l’ont précédé, n’a rien compris à l’évolution de la criminalité dans notre pays. Il mène une politique de sécurité empruntée au siècle dernier et a certainement trouvé ses conseillers les plus proches au musée de la police. La simple observation des faits révèle en effet que tant l’organisation territoriale de nos services de sécurité publique que l’organisation fonctionnelle et hiérarchique de nos forces de l’ordre ne sont plus adaptées au déferlement de l’insécurité et à la violence qui le caractérise en ce début de XXIe siècle. Si l’on ajoute à cela l’impossibilité idéologique d’une entente absolument nécessaire entre la police et la justice, savamment entretenue par le président de la République, on aboutit inévitablement à la situation actuelle.

Dans ce contexte tragique pour l’avenir, il serait grand temps que l’ensemble du personnel politique de notre pays cesse d’être le commentateur polémique du phénomène criminel français pour enfin s’emparer sérieusement du sujet et y apporter les solutions que les Français attendent.

7020 vues

01 octobre 2023 à 13:00

Partager

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

26 commentaires

  1. « Pourtant, un minimum d’honnêteté intellectuelle (notez que je ne parle pas d’humilité, car ces gens-là en sont incapables) » Car ils seraient capables d’honnêteté?

  2. Mais non voyons! Nous sommes encore en déficit de criminalité puisqu’on continue à importer des délinquants et des déséquilibrés de l’étranger!

  3. Certes le ministre de l’intérieur est responsable de l’activité de ses services, mais la continuité psychologique, à l’égard du contrevenant, doit être assurée aussi par la justice. J’ignore de quels moyens dispose le peuple français, démocratiquement, pour remettre la justice « sur les rails » et demander la dissolution du Syndicat de la Magistrature et la mise à l’écart de juges dévoyés.

  4. Quelle que soit la matière, économie, santé, éducation où encore sécurité, les compétences de l’actuel exécutif paraissent plus que limitées. En revanche, la taxation et le laxisme immigrationiste fonctionnement bien. De mauvais choix peut-être, ou bien des directives malcomprise, allez savoir.

  5. La criminalité croît grâce au laxisme des juges qui la tolèrent. Pourquoi font-ils ça ? Quel est leur objectif ?

Les commentaires sont fermés.