Les juges parisiens viennent de décider que le magasin Séphora des Champs-Élysées ne pourra plus ouvrir jusqu’à une heure du matin. Il devra fermer ses portes à 21 heures, conformément au code du travail. L’entreprise avait déjà prévenu en décembre, lorsque le tribunal avait été saisi, qu’une telle décision mettrait en péril plus de 45 emplois…

Il semblerait que de nombreuses femmes réalisent, vers 23 heures, qu’il leur manque du vernis à ongle pour un raccord, que de nombreux hommes, au moment de se coucher, prennent conscience de leur odeur de transpiration et préfèrent acheter un déodorant plutôt que de prendre une douche. À moins que ce ne soient les touristes étrangers qui se précipitent en masse la nuit pour compléter leurs achats de produits si français.

Pourtant les salariés de Séphora étaient volontaires pour travailler de nuit. Cela permettait d’améliorer l’ordinaire qu’un salaire maigrichon rendait tristounet. Un surplus bienvenu de plus pour payer la nounou qui s’occupe des enfants, le soir, ou les honoraires du psychologue nécessaire du fait des problèmes de couple que le travail de nuit peut engendrer. Ils étaient libres, nous dit-on, d’accepter ou non. Comme ils étaient libres d’accepter de travailler le dimanche. Comme les stagiaires acceptent librement de travailler gratuitement. La c’est le choix, le choix entre accepter les demandes du patron et se retrouver au . Liberté du mouton de se faire tondre.

Il faut, pour une fois, saluer les juges qui ont pris cette décision. Elle est une victoire dans un combat contre une conception de la qui fait des hommes des producteurs-consommateurs, alternativement main-d’œuvre taillable et corvéable à merci et tube digestif avalant les productions de mauvaise qualité des « majors » de l’agroalimentaire ou de la .

Le soir et le dimanche sont des temps qui doivent être soustraits à cette logique consumériste, des temps pour recevoir ses amis, aimer sa , cultiver son esprit, prier son dieu. Autant d’activités qui ne rapportent rien aux actionnaires de LVMH mais qui ont davantage de valeur parce ce qu’elles font de nous des humains.

16 septembre 2013

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