Que voilà une nouvelle réjouissante !

Monsieur Jean-Claude Bourrelier, PDG de Bricorama, avoue (Ouest France du 20 septembre) devant ses salariés que le nombre de clients de 2014 est le même que pour la période équivalente de 2013 !

Cela veut dire que, malgré l’ouverture des magasins à l’enseigne Bricorama le dimanche, obtenue de haute lutte, la fréquentation et sans doute le chiffre d’affaires n’ont pas varié.

Et pourtant, on se souvient du “plan marketing” gratuit offert à cette enseigne par tous les organes de la presse écrite, le passage dans TOUS les journaux télévisés de toutes les chaînes, et particulièrement des chaînes d’information continue et tous les suppléments économiques de tous ces médias qui, à l’occasion de la dérogation au repos dominical obtenue par monsieur Bourrelier, lui ont offert une tribune telle qu’aucune puissance financière de la grande distribution n’aurait pu s’offrir.

Cet aveu corrobore tout ce que nous disons du leurre, de la tromperie de ceux qui prônent l’ouverture des commerces de la grande distribution le dimanche.

1) ouvrir un septième jour ne donne aucun pouvoir d’achat supplémentaire et, par conséquent, la clientèle se répartit sur 7 jours au lieu de 6, mais n’augmente ni ses visites, ni ses dépenses ;
2) ceci est d’autant plus vrai que les magasins de l’enseigne Bricorama ne sont, pour la plupart, pas situés dans les zones commerciales de forte chalandise ;
3) que la seule façon d’augmenter fréquentation et chiffre d’affaires, c’est de tuer le petit commerce de proximité et de prendre les dernières parts de marché qui échappent au commerce organisé.

Nous pensons que, fort de ce constat :

1) le P.D.G. de Bricorama va supprimer les emplois qu’il aurait éventuellement créés pour faire face à l’afflux de clientèle espérée ;
2) qu’il va réorganiser son personnel pour adapter l’accueil au potentiel de visiteurs ;
3) que la bonne gestion va l’obliger à supprimer les éventuels primes octroyées pour compenser la pénibilité du travail du dimanche, ou bien, qu’il va purement et simplement fermer ses points de vente ce jour-là et offrir à ses salariés un jour de repos bien gagné et, ainsi, leur permettre de vivre un jour pour eux, pour leur famille, pour leurs amis, pour les associations, pour la société, le bien vivre ensemble et le bien commun.

Merci de votre franchise, Monsieur Bourrelier, l’erreur est humaine, mais persévérer est diabolique !

Quant à votre appel à la mobilisation « générale », nous nous demandons à qui cela s’adresse.

Dans une conjoncture pour le moins maussade, devant les perspectives de la dégradation du pouvoir d’achat des classes moyennes (impôts, charges diverses et surtout stagnation des salaires et menace de perte d’emploi) qui sont un segment important de votre clientèle et qui représentent une part primordiale de votre chiffre d’affaires, qui sont les acheteurs potentiels qui vont les remplacer ?

À moins que cet appel ne s’adresse à vos salariés pour les préparer à se serrer la ceinture et, peut-être même, à devenir chômeurs.

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