Editoriaux - International - Médias - 20 janvier 2015

Travail du dimanche : quand Macron rime avec capitulation

Aujourd’hui, mercredi, la CGT doit rassembler ses troupes devant le siège du Parti socialiste rue de Solférino afin de protester contre le projet de loi Macron en général et le travail du dimanche en particulier. Lundi prochain, 26 janvier, jour d’examen du projet de loi par l’Assemblée nationale, les manifestants camperont devant les grands magasins du boulevard Haussmann, à Paris. À moins, sachant qu’à chaque jour suffit sa trouille, que la peur des attentats ne les en dissuade…

Le gouvernement est en pleine forme à ce qu’on nous dit, sa cote de popularité explosant grâce à « l’effet attentats ». Et les médias de nous rappeler les précédents : l’ascension de Chirac grâce à « l’effet coupe du monde » (en 1998), ou l’extrême onction d’un Mitterrand par « l’effet Guerre du Golfe + l’effet cancer » (en 1991). Pauvres Français tributaires de leurs mouchoirs et des communicants qui les agitent…

Hélas, tandis que l’émotion nous fouaille, la déconfiture économique et sociale du pays continue son petit bonhomme de chemin. Comme le demandait hier Dominique Jamet, « Que va-t-il (Hollande) faire du magot qui lui échoit ? Saura-t-il l’exploiter, le grossir, le faire fructifier ? Disposant soudain de moyens et de soutiens qui lui faisaient défaut, prendra-t-il à bras le corps les problèmes qu’il semblait incapable de résoudre ? » Sans être devin, on se risque à répondre non. La preuve par la fameuse loi Macron « pour la croissance et l’activité », vilipendée depuis qu’elle a slalomé dans les synapses de son auteur, et – même si l’on claironne son adoption en commission – détricotée depuis le week-end dernier dans des amendements pas centaines.

Macron rime avec capitulation, la question du travail le dimanche – examinée dimanche à l’Assemblée ☺ – ayant focalisé toute la contestation ou peu s’en faut. Le jeune premier de l’économie voulait offrir aux maires la possibilité d’autoriser les magasins à ouvrir 12 dimanches par an, dont 5 « de droit ». C’est ce dernier point qui a été retoqué, permettant dès lors aux élus de bloquer s’ils le souhaitent toutes les ouvertures dominicales. Et si la question des zones géographiques (« commerciales » et « touristiques ») n’a pas été contestée, les compensations pour les salariés travaillant le dimanche devront « obligatoirement » comporter un volet salarial. Enfin, dans le cas particulier des « zones touristiques internationales » (Riviera, Boulevard Haussmann, Champs-Elysées), l’ouverture pourra s’étendre jusqu’à minuit contre 21 heures aujourd’hui, avec doublement du salaire dans cette tranche horaire. C’est la raison pour laquelle la CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent à manifester contre « la banalisation du travail du dimanche et de nuit ».

On se permettra de leur rappeler que c’est déjà le cas pour 30 % des Français, par exemple les gens du spectacle que les grands défenseurs du repos dominical trouvent tout à fait normal d’aller applaudir… le samedi en soirée ou le dimanche en matinée !

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