Retour en mars 2014, un temps où était perçu, tel le sauveur, par une grande partie des Toulousains. Il faut dire que son prédécesseur, le socialiste Pierre Cohen, avait tout fait pour lui assurer un triomphe : laxisme, clientélisme, insécurité, endettement… Toulouse semblait devenir un véritable bouge à ciel ouvert. Dans le même temps, donnait l’image d’un pater familias rassurant et honnête, le genre d’homme à tenir ses engagements.

Jean-Luc Moudenc l’avait assuré : sous son mandat, les impôts n’augmenteraient pas. Il a menti. Au cours d’une conférence de presse en la mairie de Toulouse, l’édile a renoncé à la stabilité fiscale. L’addition s’annonce salée pour les administrés : hausse de 15 % du taux des impôts communaux, et la fin de la gratuité à la cantine (qui, dans ce cas, ne choque personne, à commencer par des médias bien silencieux, mais passons).

L’homme n’est guère courageux et a sagement attendu la fin des élections départementales pour annoncer ses mesures les plus impopulaires. Après la gifle reçue, il n’a plus rien à perdre. La “team Moudenc”, comme elle se baptise sur les réseaux sociaux, n’a pas fait le poids face au système radical-socialiste haut-garonnais. De nombreuses dissensions se sont d’ailleurs exprimées au sein de l’UMP locale entre les “anciens” et les petits barons acquis à Moudenc. Ces derniers ont régulièrement été accusés d’être des intrigants et de bénéficier d’un favoritisme coupable. Le Capitole bruisse de la rumeur : il existerait une cour de néo-capitouls jeunes et ambitieux autour du maire.

Parmi les plus zélés admirateurs de Jean-Luc Moudenc figurent l’adjoint aux finances, monsieur Sacha Briand, ou bien encore monsieur Laurent Lesgourgues, battu aux dernières élections départementales. À la suite de son bienfaiteur, Sacha Briand a déclaré que voter la hausse des impôts le 10 avril était, pour lui aussi, “un crève-cœur”. Monsieur François Cholet, président du groupe majoritaire à la communauté urbaine, a quant à lui osé affirmer que l’austérité fiscale constituait une “taxe Cohen”. On est alors en droit de s’interroger : la majorité municipale n’avait-elle pas eu connaissance de la situation avant ? Pourquoi le MoDump toulousain (avec DLF) a-t-il promis de baisser les impôts ? Par pure démagogie ou par ignorance coupable, faute d’avoir travaillé correctement les dossiers l’an dernier ? La raison se situe peut-être entre les deux hypothèses. Quoi qu’il en soit, les Toulousains sont trahis et lésés.

Ici, bien des Toulousains continuent à voter UMP, croyant ainsi mettre fin au système de la rose. Je ne doute pas de leur bonne foi, mais se rendent-ils compte que ce vote , loin d’être “utile”, ne sert à rien d’autre qu’à donner à la ville une apparence faussement “droitière” ? UMP ou PS, au fond, la différence n’est qu’esthétique.

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