Dans l’histoire des grandes métropoles françaises, peu d’hommes auront à ce point laissé leur empreinte sur leur ville comme Dominique Baudis à Toulouse. Il a profondément marqué sa ville et ses habitants, comme Pierre Mauroy à Lille, Jacques Médecin à Nice, Gaston Defferre à Marseille ou Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux.

Dominique Baudis s’est éteint hier à l’âge de 66 ans « des suites d’une longue maladie » comme on dit pudiquement.

Connu d’abord comme présentateur du journal de 20 heures sur TF1 à la fin des années 70 et au début des années 80, il fait partie des journalistes « mis au placard » lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir.

En 1983, il succède à son père Pierre Baudis au Capitole, la Mairie de Toulouse, où il est réélu au premier tour en 1989 avec plus de 56% des voix et en 1989 avec plus de 58% des suffrages.

L’exploit est d’autant plus grand qu’en 1988 et 1995, et Lionel Jospin y avaient largement devancé lors du second tour de la présidentielle. En effet, si Toulouse porte le surnom de « Ville Rose », elle est aussi une terre rose.

Ayant la chance d’être à la tête d’une ville bénéficiant du boom de l’aéronautique et du spatial, il dote la ville des infrastructures nécessaires à l’accueil des nombreux nouveaux arrivants. C’est ainsi qu’il équipe la ville de ses deux lignes de métro qui transportent chacune aujourd’hui plus de 100.000 passagers par jour.

C’est également Dominique Baudis qui fait construire la « Cité de l’espace », dont les fusées sont visibles depuis le périphérique, et la médiathèque Marengo. Lui encore qui transforme les anciens abattoirs en musée d’art contemporain.

C’est toujours sous Dominique Baudis que Toulouse gagne définitivement ses galons de capitale européenne de l’aéronautique et de l’espace et que la ville gagne le rang de "deuxième pôle étudiant de France".

En 2001, il est nommé à la tête du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) et ne se représente donc pas à la Mairie qu’il laisse à son successeur, Philippe Douste-Blazy, sans un centime de dette malgré les travaux gigantesques réalisés. Rien que sur ce point, Dominique Baudis pourrait servir de modèle à la classe française dans son ensemble.

Toulouse est depuis hier en deuil. Même les mémés qui ici aiment la castagne, comme le chantait un autre Toulousain illustre disparu il y a dix ans, pleurent celui qui restera dans l’histoire de la ville un bon et un Grand Maire.

Reposez en paix Monsieur Baudis.

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10 avril 2014

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