L’émotion à peine retombée, le pavé tout juste balayé, nos chargés de consciences sont de retour.

A la grande messe de Canal Plus, on fait intervenir Yvan Attal pour parler de d’expression, lui, qui, quelques jours plus tôt, cosignait une tribune exigeant l’interdiction de parole d’Eric Zemmour. On offre un micro à pour défendre ce vivre-ensemble tyrannique, le même qui lors d’un des grands soirs d’union nationale, le 12 juillet 1998, appelait ses collègues du ballon rond « black, blanc, beur »  pour une photo qu’entre « black ».

Au Petit journal de la même chaîne, on blâme ces stars hollywoodiennes, énumérant un par un leurs noms,  qui n’ont pas parlé de « Charlie » lors de la Cérémonie des Golden Globes. Allez-y franco les amis, agrafez une pancarte  sur le  torse de ces mâles égoïstes et tondez le brushing narcissique de ces dames.

On brocarde ces soirées frivoles et futiles, qu’habituellement ces humanistes de circonstance s’empressent de courir. On s’insurge contre ces acteurs silencieux, ces mêmes starlettes cathodiques qui n’ont pas ouvert les lèvres lorsque nos militaires tombaient au Mali, lorsque les chrétiens d’Orient se font massacrer  ou quand Boko Haram fit sauter une fillette sur un marché bondé.

Sur France 2, Nathalie Saint Cricq  revêt les habits de McCarthy en proposant l’ouverture de la chasse contre ceux qui refusent d’être « Charlie », conférant ainsi au journal son nouveau statut d’icône nationale, et ceux qui ne sont pas venus manifester. « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie » affirme la journaliste. Encore quelques jours et une légion d’honneur sera proposée à chaque cafeteur.

Sur Sky, Caroline Fourest, en digne héritière coloniale, évangélise à tour de bras en tentant d’imposer la Une de Charlie Hebdo à la chaîne anglaise qui avait décidé ne pas la montrer.

Au ministère de l’Éducation nationale, notre chère préfère minimiser le nombre d’incidents dans les établissements scolaires pour s’affairer à la lutte contre les théories complotistes que quelques élèves déclament.

Une ex-ministre de la Culture proclame que « les religions ne sont pas des écoles d’émancipation ». Etre ministre n’offre pas le temps de lire déclarait Fleur Pellerin, maintenant que Mademoiselle Filippetti pointe au chômage, on ne peut que lui conseiller de lire Weil, Pascal, Ricoeur ou Péguy chez qui elle aurait appris :

Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.

Encore faut-il ouvrir les yeux. En attendant, planquez-vous, les autocrates sont de sortie.

19 janvier 2015

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