The Voice of France : Slimane

Que l’on soit fan ou pas de cette émission importe peu. L’enjeu n’est ni politique, ni social, ni économique – (sauf pour TF 1). C’est, au mieux, un divertissement de soirée en famille, au pire une mascarade télévisuelle luxueuse, mais rentable – vu le coût des décors et le nombre de SMS qui s’échangent au cours de l’émission. Rien qui ne devrait donc changer l’avenir de la population française.

Sauf que…

Cette année, la part d’audience de l’émission s’est établie à environ 5 millions. Elle était en 2015, 7.25 millions de téléspectateurs. En baisse constante par rapport aux autres années,
Avec, toujours, depuis ses débuts en 2012, entre 50 et 60 % de parts d’audience sur les femmes de moins de 50 ans, responsables des achats, et souvent la part restante pour les téléspectateurs âgés de 15 et 24 ans.

Difficile dès lors, de passer notre patrimoine artistique francophone à la trappe du fait d’une grande présence de femmes et d’hommes qui approchent la cinquantaine, voire la dépassent, et sont généralement fans de chansons “bien de chez-nous”. D’ailleurs tous ensemble, les plus jeunes et les plus âgés ont donné, comme on l’a vu en 2015 et en 2014, la préférence à des chanteurs français de talent comme Yoann Fréget, Kendji Girac & Lilian Renaud, dignes héritiers de nos valeurs sûres, disparues ou non aujourd’hui.

Cette année, la “Voix française” s’appelle Slimane. Slimane est “The Voice” et “The Voice” c’est la France lit-on dans les commentaires du site de Jean-Marc Morandini sur lequel l’animateur Nikos se confie sur les coulisses de l’émission.

C’est peut-être même le nouveau chantre de la chanson francophone ; le chanteur Garou est allé jusqu’à comparer Slimane à Jacques Brel. Pour le Québécois, son talent lui ferait penser au poète belge parce qu’il est comme ” possédé par les mots“. « T’es habité parce que t’aimes les grandes émotions. »

Pas de chance donc pour le challenger, Mohamed Belkhir, alias MB 14, qui semblait pourtant plus talentueux. Son nom de scène l’a desservi ! Il méritait pourtant tout autant, comme Clément ou Antoine et certaines jeunes filles, éliminées dans les premières étapes de cette compétition. Et on peut le déplorer, sans être pour cela un adepte de la parité à tout prix…

Cela étant posé, l’audience de l’émission étant en baisse constante depuis quatre ans, la pompe à fric risque de se tarir. Alors il faut mobiliser. Subtilement. En premier lieu, jouer avec des valeurs sûres côté jeunes (15-24 ans). Et puis, en cette année rythmée par le “pas d’amalgame”, il fallait contribuer à calmer les esprits agités des enfants de la communauté qui s’agite. Alors, un prénom à consonance “exotique” était nécessaire. Cela dans le prolongement d’un long travail d’influence des médias qui, du micro-trottoir aux radio-crochets, nous imposent systématiquement l’avis ou la présence de Françaises ou Français prénommés Najat et Mohamed, rarement Sophie et Benoît. Dès qu’il y a enfant de “ la communauté ” dans le casting- surtout masculin, question de culture – les chaînes se donnent une obligation de résultat, peu importe le talent ou le propos – c’est une message subliminal asséné systématiquement par la plupart des médias du “ Courant principal ”.

Ainsi, les auditeurs, sollicités à l’envi, tout au long de l’émission : ” vous votez pour Antoine, faites le 1, pour Clément, faites le 2, pour MB 14, faites le 3 et pour Slimane, faites le 4 ” ont intégré cet ordre de classement. Mais le vote du public est libre et il existe toujours un risque, on ne sait jamais à l’avance ce qu’il peut advenir. On n’était pas à l’abri d’un mauvais vote qui aurait du coup, donné la victoire à Clément ou Antoine ou MB 14, en dépit des calculs de la chaîne qui veut participer – à sa manière – au développement du “ vivre ensemble ”.

Alors, n’a-t-on pas donné un petit coup de pouce au hasard afin que les votes des plus âgés ne viennent pas enrayer la machine ? La séquence où l’auteur de “ Lettre à France ” accompagne le candidat N° 3, est passée en numéro 4 ( Le numéro de Slimane ). Cette inversion n’était peut-être pas innocente pour créer une confusion dans l’esprit d’un public plus âgé ( et nostalgique ?) qui, au moment du vote, se focalisa sur ce numéro, influencé inconsciemment par la notoriété historique du chanteur.

Ce n’est qu’une hypothèse, bien sûr… Les médias ne nous ont pas habitué à bidonner leurs prestations.

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