Document - Editoriaux - 20 septembre 2014

TGV Rhin-Rhône : un scandale financier et démocratique

Le TGV Rhin-Rhône a été mis en service en décembre 2011. La SNCF ayant annoncé un éventuel abandon de son exploitation, j’ai demandé la communication du bilan qui justifie cette éventualité.

La situation est très éloignée des promesses de 12 millions de passagers, d’un taux de rentabilité interne de 2,89 % et un taux de rentabilité socio-économique de 12 voire 14,5 %. En réalité, on constate un trafic de moins d’un million de passagers, soit douze fois moins que ce qui était annoncé, ainsi qu’un déficit pour la SNCF de plus de 60 millions d’euros dont 20 millions hors péages [le péage est le montant payé par la SNCF à Réseau Ferré de France qui est le propriétaire du réseau pour pouvoir utiliser ce réseau] qui n’est que la partie émergée de l’iceberg : Les 40 millions de péages ne permettent pas d’amortir, loin s’en faut, le capital de 2,312 milliards d’euros investis.

Mais cette catastrophe économique se double d’un scandale démocratique… En effet, les débats sur ce projet ont commencé au début des années 90. Jean-Pierre Chevènement, maire de Belfort, veut que sa ville soit reliée directement et rapidement à Paris par le TGV produit par Alstom. Il rallie rapidement à sa cause les élus francs-comtois, bourguignons et alsaciens au travers, notamment, d’une association gavée de subventions publiques, Trans-Europe TGV, chargée d’organiser le lobby.

Les documents produits pour les consultations publiques relèvent plus de la propagande que de l’information : les éléments technico-économiques sont mensongers, les trafics réels sont multipliés par plus de 10 ! Dans le même ordre d’idée, la création de 42.000 emplois n’est en réalité que de l’ordre de 8.000 !

Comment, dans un État de droit muni d’une législation aussi complexe et pointilleuse et des administrations aussi nombreuses chargées, de façon indépendante cela va de soi, de faire respecter la loi, avons-nous pu en arriver là ! Les élus, toutes tendances confondues, ont œuvré à ce gâchis pour pouvoir se pavaner lors des campagnes électorales avec cet « investissement créateur d’emplois et de développement économique ». Ils n’hésitent pas, encore aujourd’hui, à falsifier la réalité. Et de citer les 10 millions de passagers en constante augmentation, les bénéfices du TGV qui financent le système ferroviaire à hauteur de 40 %… et d’exiger que l’orgie se poursuive en construisant une branche sud !

Parmi les associations favorables au projet figure une « fédération d’usagers » surtout composée de cheminots syndicalistes. Elle fait partie de ceux qui s’offusquent du projet actuel de la SNCF. Pour ses bons et loyaux services, le responsable régional d’alors s’est vu décoré de la Légion d’Honneur !

La SNCF publiait tous les ans un "mémento des statistiques de la SNCF" qui donnait le trafic à destination de la Bourgogne Franche-Comté. À partir du moment ou le projet de TGV a été engagé, cette information a disparu.

Et ce n’est qu’un scandale parmi d’autres qui ont conduit la France en état de faillite. Il devient urgent de rénover notre démocratie pour que ses grands principes soient effectivement respectés par ceux qui s’expriment au nom du Peuple français auquel ils doivent rendre des comptes.

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