François Hollande a déclaré, à l’issue du Conseil de défense le 14 novembre, que les massacres dans Paris étaient un « acte de guerre qui a été préparé, planifié de l’extérieur […] » par Daech avec des « complicités intérieures ».

C’est reléguer un peu vite nos terroristes « made in France » au rôle de simples exécutants.

Si nous voulons avoir une réponse adéquate au terrorisme, nous devons d’abord reconnaître que ces actes de guerre ont été largement autant « préparés, planifiés » activement ou passivement, de l’intérieur que de l’extérieur, chez nous, dans nos banlieues et ailleurs.

Les terroristes, qui sont passés à l’acte ces dernières années en France, parlaient français, avaient souvent un casier judiciaire chargé et bénéficié de remises de peine, faisaient souvent l’objet de fiche S et étaient des enfants de l’immigration. Il suffit d’écrire cette phrase pour voir que l’aspect français de ce terrorisme est indéniable.

Quand on ne contrôle plus depuis de nombreuses années le trafic d’armes dans les banlieues de Paris, Marseille ou de la région Lille-Roubaix-Tourcoing, quand dans des quartiers « sensibles » les caïds avec tous leurs associés (« guetteurs », « nourrices » etc.) vivent des retombées du trafic de drogue, d’armes et autres, quand la et les pompiers se font régulièrement caillasser, quand les policiers reçoivent des directives pour n’y plus contrôler les jeunes à moto sans casque de peur que tout s’enflamme, on a créé le vivier nécessaire pour que des terroristes français ou étrangers ou revenant de l’étranger s’approvisionnent en armes et mettent au point leur logistique pour passer à l’acte.

Si le problème n’était qu’étranger et relevait de l’action ou inaction du ministre des Affaires étrangères ou de la Défense, ce serait plus simple. Il suffirait d’écouter l’appel de généraux pour une augmentation des moyens de notre Défense, mettre fin aux contradictions et errements de notre politique étrangère. Ce serait plus simple mais déjà compliqué, vu notre déficit budgétaire et la situation au Quai d’Orsay.

Mais une réponse adéquate pour répondre à l’aspect français de ce problème demande beaucoup plus : au niveau gouvernemental, une révision radicale de notre politique judiciaire, des directives données à la police et de notre politique d’immigration.

Au niveau de la société, une révision de l’accueil des migrants sans discrimination prôné par les politiques, le patronat, les mass médias et le clergé catholique, des dogmes du mouvement antiraciste sur les bienfaits du vivre ensemble et autres. Une réflexion sur l’importance de la dimension culturelle des fortes tensions dans notre société – dimension pas simplement soluble dans « les valeurs de la République », la laïcité ou les droits de l’homme – s’impose.

Si l’on commence par reconnaître que le terrorisme ne trouve pas ses causes uniquement à l’extérieur mais au sein de notre société et à agir en conséquence, alors les Français n’auront pas à « vivre avec le terrorisme », pour reprendre les mots de Manuel Valls, mais auront des raisons d’espérer.

16 novembre 2015

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