Editoriaux - Politique - Religion - Société - 14 juin 2016

Terrorisme : Obama a choisi l’aveuglement, la France s’est alignée

Après Orlando, Magnanville. Et toujours la même difficulté à ouvrir les yeux. Les hésitations et les contorsions pour ne pas désigner clairement la cause et les auteurs des attentats traduisent la peur des élus de voir s’ouvrir sous leurs pieds un gouffre que leur politique a creusé. Aux États-Unis, Obama évite de désigner le comme le coupable et préfère évoquer la cible (les homosexuels) ou le moyen (les armes), comme si les islamistes radicaux ne condamnaient pas durement l’homosexualité, et comme si des attentats similaires ne se produisaient pas dans des pays où le port d’arme est sévèrement réglementé.

En France, le mot « forcené » est utilisé, mais on apprend que l’assassin des deux policiers, Larossi Abballa, arrêté en 2011 pour avoir participé à une filière djihadiste vers le Pakistan, avait été condamné à trois ans de prison en 2013. Comme d’habitude, il s’agit donc d’un « Français » musulman et d’origine étrangère connu des services de police pour vols, violences et recel, puis repéré et condamné pour sa radicalisation et, comme toujours, il a échappé à la surveillance policière et a donc tué deux policiers. Certes, personne ne prétendrait que les musulmans sont tous des terroristes potentiels, mais on ne peut faire semblant d’ignorer le problème que l’islam pose à nos sociétés, à notre démocratie, à notre civilisation.

Depuis le début de l’année, 55 attentats meurtriers ont eu lieu dans le monde. Un seul, au Sud-Soudan n’est pas lié à l’islam. En 2015, il y en avait eu plus de 120, et deux seulement étaient sans rapport avec la religion musulmane.

Le terrorisme a pris, depuis l’effondrement du bloc de l’Est et la politique aberrante menée par les États-Unis et leurs alliés dans le monde arabe, et plus largement musulman, un nouveau visage. Avant, il s’agissait de réseaux, quasi professionnels, souvent soutenus par des États : c’était l’époque de Carlos. Aujourd’hui, des filières beaucoup plus souples suscitent le recrutement et les actions.

Cette évolution a deux conséquences : d’une part, la prévision devient de plus en plus difficile, encore que dans la plupart des cas, à Orlando comme à Magnanville, la radicalisation des auteurs ait été perçue ; d’autre part, la tentation de réduire le danger s’appuie sur le concept de « loup solitaire », plus ou moins atteint de troubles mentaux, et qui ne met pas en cause la « communauté musulmane ».

Sur ce plan, Obama a choisi l’aveuglement en raison des liens entre les États-Unis et des pays qui se réclament d’un islam rigoriste. La France s’est malheureusement alignée. L’islam est un problème pour nos démocraties, et pour l’Occident en général. Aux États-Unis, le danger est quantitativement faible, en raison de la fermeture relative du pays, mais le profil des terroristes est effrayant : de Fort Hood (un commandant, psychiatre d’origine palestinienne) à Orlando en passant par Boston et San Bernardino, les auteurs ne sont pas des délinquants de droit commun, mais plutôt des immigrés de la première ou seconde génération, devenus américains et socialement intégrés.

En France, en revanche, le lien entre les quartiers sensibles, la délinquance, la prison et la radicalisation ultérieure semble établi. La prévision des faits paraît donc plus aisée, mais leur nombre potentiel est tout simplement angoissant. Les deux meurtres au couteau des Yvelines soulignent le hors-sujet de la discussion sur les armes. Un policier armé au Bataclan aurait pu riposter. Mais la ressemblance avec ce que connaît Israël est d’autant plus inquiétante que la population française est évidemment incapable, actuellement, de réagir comme le font les Israéliens.

Il y a donc bien une question musulmane et ce n’est pas en se voilant la face qu’on pourra la résoudre.

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