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Editoriaux - Médias - Presse - Radio - Société - Télévision - 10 avril 2016

Télévision : la guerre des femmes a eu lieu

Paris Match nous offre une charmante photo des journalistes féminines de BFM pour illustrer une campagne de pub au moment où la chaîne LCI est devenue gratuite. Plutôt que les femmes-troncs habituelles à la télévision d’autrefois, nous les voyons ici très féminines, enrobées de noir et joliment escarpinées.

Aussitôt, les médias se saisissent de l’affaire pour fustiger une illustration qui rabaisserait ces dames à leur condition génétique. Ainsi Adeline François (RTL) qui tweete en se plaignant : “Être en 2016 et lire un article sur des présentatrices télé qui commence par “Les jambes”…” Ainsi Sonia Devillers sur France Inter déplorant “une invraisemblable double page”, la qualifiant de “minable” et “effrayante”. Aussi Camille Esnault sur Yahoo News : « Cette féminité [qui] passe, on le comprend, avant leurs idées, leurs convictions, leurs parcours, leurs difficultés dans ce métier, tout ce que l’on attendrait… »

Horreur additive (et addictive ?), Ruth Elkrief revendique cette féminité. Camille Esnault souligne : « Le magazine préfère donc jouer le jeu de ne réduire la femme qu’à son corps. Témoins, les mots de Ruth Elkrief, figure de la chaîne : “C’est important que l’image de la femme soit la plus jolie possible”. » Eh oui ! Là où l’interview de la journaliste vedette donne des arguments expliquant l’engagement féminin dans ce métier, certains s’en tiennent aux attaques sexualisées, dans une obsession égalitariste niant toute réalité de femme, épouse, mère. Pour un peu, ces désapprobatrices douteraient que leurs consœurs aient une âme…

Tout de même, rions un peu de ce conflit intra-gauchien : les journalistes bogauchisées de la télé… de gauche contre les chroniqueuses… de gauche sur les radios… de gauche ! Pour ces critiques médiatiques, exister selon son identité ne se peut. Sans doute eussent-elles préféré qu’elles se présentassent voilées ou masquées d’un tchador à la fente format télé 16/10. Car où commence le charme et où finit-il ? Ne peut-on dire que le simple sourire en fait partie, le regard autant ? Alor, jambes dénudées ou enniquabisées, ces dames conservent des atouts qu’on leur reproche et qui sont ici simples outils de communication : le verbe et le regard. Qui plus es, le charme n’est pas réservé qu’au genre féminin !

BFM n’est pas mon unique tasse de thé, mais il est de mauvaise foi de leur chercher querelle en tout cela. Plaignons ces aigries qu’aucun homme ne se porte à leur secours, s’offusquant de cette intolérable photo… À moins qu’un Tariq Ramadan ou autre imam ne vienne y mettre le bout de sa fatwa ? Serait-ce là leur souhait inconsciemment signifié ?

À l’inverse, soulignons que le CRAN et SOS Racisme ne se sont pas encore offusqués de cette représentation féminine qui n’inclut aucune figure des Afriques ou de la lointaine Asie ! Gageons que l’audace de BFM sera bientôt sanctionnée et qu’il leur faudra faire rasseoir ces dames et les accompagner de nouvelles consœurs ; lesquelles n’hésiteront pas non plus à se mettre debout contre certaines harpies d’un féminisme dévoyé et dénoncé par Mme Cluzel dans son récent ouvrage : Adieu Simone ! Les dernières heures du féminisme

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