Culture - Discours - Editoriaux - Télévision - 10 septembre 2015

Tel est pris…

Il faut bien reconnaître que la télé ne donne pas souvent l’occasion de s’esbaudir de la déconfiture de présentateurs pressés de vous imposer leur façon de voir par des méthodes généralement biaisées. La récente exploitation scandaleuse de la photo d’un gamin syrien noyé sur une plage turque pour culpabiliser les Européens qui n’y pouvaient mais en est un bel exemple.

Pourtant, avant-hier, regardant vers 23 h 00 sur i>Télé “Le grand décryptage” présenté par Olivier Galzi, aussi immigrationniste que sûr de lui, j’ai eu la trop rare satisfaction de le voir tomber dans son propre piège.

Il interviewait un nommé Youssef, Syrien tout juste importé d’Allemagne, exerçant la profession de coiffeur – profession certainement déficitaire en France – et lui posait dans le langage alambiqué cher aux présentateurs de télé des questions que le pauvre, ne parlant pas un mot de français, ne comprenait pas, sur son parcours pour en arriver là (parcours sans grand problème, Youssef ayant surtout utilisé des avions, des trains, des bus), sur sa famille (il avait laissé en Syrie sa femme et sa fille, ce qui montre qu’il ne devait pas courir grand risque), sur ses ambitions (s’installer en France). À vrai dire, il voulait aller en Allemagne.

Donc un cas qui apparemment ne relevait pas de l’urgence ni du droit d’asile. Le malheureux avait bien appris sa leçon : « Merci la France… Je ne veux dépendre de personne… Je souhaite participer au développement du pays…, etc. »

Bien entendu, Galzi n’interrogea pas Youssef sur ceux qui le persécutaient ; à l’évidence, il ne s’agissait pas de Bachar, sinon on l’aurait su.

Voulant convaincre le bon peuple des bienfaits que la France pouvait espérer de l’importation massive de Syriens, Galzi avait invité un autre Syrien, en France depuis une dizaine d’années et ayant fondé une entreprise, ce qui lui avait valu un prix.

Le Syrien dont le nom m’échappe parlait très bien le français et put donc parfaitement exprimer ses opinions et là, au lieu de tenir le discours attendu sur l’arrivée de ses compatriotes, le voilà qui explique qu’il y a trop de différences culturelles, climatiques et de mode de vie pour qu’ils puissent s’adapter, que la France a déjà beaucoup trop d’immigrés et de chômeurs et n’a pas les moyens d’accueillir tous ces migrants., que plus on en accueillera plus il en viendra et que ce n’est pas à ça qu’aspire le peuple syrien, qui veut rester chez lui et vivre en paix. Il souhaite donc que l’on s’attache par tous les moyens à rétablir la paix dans son pays.

Il fallait voir Galzi s’indigner qu’on puisse tenir un tel discours, blêmir et chercher à endiguer le contradicteur. Le bougre n’était pas facile à faire taire, et ferme dans ses opinions. Un plaisir trop rare.

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