Document - Editoriaux - Justice - Médias - Politique - 27 janvier 2016

Taubira s’en va, c’est toujours ça

Le concert de louanges, accompagné des pleurs de certains, à gauche, les critiques pleines de respect et de retenue au sein de la prétendue « droite » qui ont salué l’heureux départ de Mme Taubira sont révélateurs de l’état du pays, en urgence dépassée. La connivence des politiques et des journalistes au sein du microcosme a rendu hommage à une politicienne à l’ego démesuré et au talent oratoire capable de cacher les idées les plus creuses.

Des politiciens calculateurs et irresponsables ont trouvé ingénieux de placer à la tête du ministère de la Justice celle qui fut une indépendantiste guyanaise jusque dans la semi-clandestinité, et qui affirmait l’être encore en 2010 au moins en pratique. Comment le gardien des lois peut-il être un de ceux qui veulent s’en libérer ?

Le nom de l’ex-garde des Sceaux est associé à deux lois. La première proclame que la traite négrière est un crime contre l’humanité qui doit être enseigné et permet des actions judiciaires, notamment par le biais d’associations contre ceux qui le contesteraient. C’est une de ces lois mémorielles qui limitent la liberté des historiens et portent atteinte à la liberté d’expression.

La seconde loi vient d’être à nouveau évoquée par Sarkozy qui, finalement, n’y touchera pas. Au nom d’une conception aberrante de l’égalité entre des personnes qui sont dans une situation différente et d’une sociologie idéologique qui nie la complémentarité anthropologiques entre les sexes, une loi autorisant le mariage unisexe a été imposée brutalement malgré l’opposition résolue d’une partie importante de la population. Ce coup de force législatif s’inscrit dans un mouvement présent dans de nombreux pays occidentaux où la complicité entre le lobby gay et les médias domine l’opinion publique. On remarquera qu’une censure et qu’un terrorisme intellectuel règnent dans ce domaine comme dans le précédent.

Comme on le voit, Mme Taubira n’est pas une amie de la liberté, sauf bien sûr lorsqu’il s’agit d’éviter la prison à des malfaisants. Son opposition idéologique au milieu carcéral l’a amenée à limiter le nombre des lieux d’incarcération alors que la France, pour être au niveau des pays voisins, devait en construire. Elle l’a conduite à favoriser les libérations anticipées dont plusieurs ont révélé les dangers. Elle lui a inspiré une loi qui étend excessivement la non-détention et supprime les peines plancher, bref elle a favorisé un laxisme préjudiciable à l’ordre public et à la sécurité des personnes et des biens. En revanche, elle n’a pas hésité à mentir lorsqu’elle a prétendu ne pas être au courant des écoutes que subissait Sarkozy, en brandissant avec impudence un document sur lequel elles étaient pourtant relatées. Pas de liberté pour les adversaires, pas de respect pour la vérité : l’icône se croyait intouchable ! Sa présence au ministère de la Justice divisait les Français alors que la justice doit les réunir. Son départ est une bonne nouvelle mais qui n’atténue pas le douloureux sentiment que certains ne prétendent aimer la République que pour ne pas aimer la France, sans que leur carrière en soit entravée le moins du monde.

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