« Un débat qui va s’éteindre », a déclaré , le 22 décembre, dans une interview à la radio algérienne Chaîne 3 à propos de la déchéance de nationalité des binationaux nés français condamnés pour acte de terrorisme. Sous d’autres cieux, on aurait dit « la est dite » ou encore « la récréation est terminée ». On se souvient que le 16 novembre dernier, , devant le Parlement rassemblé en Congrès, avait revêtu la petite panoplie de Clemenceau, habituellement endossée par : c’est du reste pour cela qu’il semblait un peu engoncé – les plus méchants diront constipé – dans ce nouveau costume. Les plus naïfs en étaient presque à crier « Marine, sors de ce corps ! » Et on allait voir ce qu’on allait voir et toutes sortes d’autres choses… Christiane Taubira était alors priée de bouder en silence dans son coin doré de la place Vendôme. Il est vrai qu’à moins d’un mois des , il fallait se donner l’image de la réactivité, de la fermeté et de la sévérité.

Un petit mois plus tard, les employés municipaux ayant remballé les panneaux électoraux et les socialistes sauvé les meubles régionaux, le père Fouettard va se faire père Noël pour une gauche idéologique qui, une fois le vent du boulet passé, va s’empresser de redresser la tête.

C’est donc dans une interview donnée à l’étranger que Christiane Taubira a annoncé en « avant-première » que le projet de révision constitutionnelle ne retiendrait pas la disposition évoquée par François Hollande le 16 novembre devant le Parlement ébahi. Les Français apprécieront…

À l’étranger, mais pas n’importe où : en Algérie. Il est vrai qu’en 2013, selon des chiffres fournis par la chancellerie au , sur 25.811 personnes ayant rempli une déclaration d’intention de conservation de leur nationalité précédente après l’acquisition de la nationalité française par décret, 42 % étaient originaires du Maghreb (17 % d’Algérie). On comprend alors que ce sujet de déchéance de nationalité soit sensible là-bas de l’autre côté de la Méditerranée et que Mme Taubira ait voulu rassurer…

On notera que, dans cet entretien de presque 20 minutes, à aucun moment les mots « » ou « djihadisme » ne sont prononcés par le garde des Sceaux. La peur d’un gage, peut-être, dans cette forme modernisée du jeu du « ni oui ni non » ? Le mot « terrorisme », si commode et si anonyme, est employé à profusion et celui de “Daech”, tout au plus deux ou trois fois.

Mais soyons rassurés : Christiane Taubira rappelle aussi que, dès le mois de janvier 2015, elle a exigé, à travers une circulaire adressée aux procureurs généraux, réactivité, fermeté et sévérité… contre les actes islamophobes ! Taubira est de retour. Mais était-elle jamais partie ?

23 décembre 2015

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