peut s’attendre à des frappes aériennes françaises d’ici à quelques semaines. C’est en tout cas ce que confirmait hier M. , ministre de la . Dernier avertissement à un adversaire qui, pendant longtemps, a bénéficié sinon du soutien actif, au moins de la bienveillante neutralité de notre gouvernement. On y semblait jusqu’il y a peu bien moins alarmé des progrès de l’organisation terroriste que désireux de hâter la chute de , au risque de voir Damas devenir la capitale d’un califat d’assassins.

J’entendais, du reste, hier sur une radio suisse une députée socialiste – dont j’avoue que le nom m’a échappé – fustiger l’inflexion récente de notre politique. Eh quoi, disait-elle, nous faisons depuis quatre ans tout ce que nous pouvons pour faire tomber le dictateur syrien, ce n’est pas à nous mais à la pusillanimité de Barack Obama qu’il a tenu que nous ne lancions pas une grande campagne de bombardement et de déstabilisation du régime en place, et voilà qu’au lieu de poursuivre dans cette voie, nous nous en prenons à son pire ennemi. C’est « incohérent » !

Cette dame avait parfaitement raison. L’absurde aussi a sa logique et celle-ci, en l’occurrence, voudrait que nous persévérions dans l’erreur colossale, dans l’erreur criminelle qui est la nôtre depuis le début de la guerre de Syrie et qu’à défaut de pouvoir assurer la victoire de la fantomatique opposition démocratique syrienne, la France, la Turquie et les monarchies du Golfe continuent de fournir armes, soutien et subsides tant à Daech qu’aux autres chefs de bandes . Il est toujours difficile de reconnaître qu’on s’est fourvoyé, mais d’autant plus qu’on l’a fait avec tant de persévérance.

Au fait, la France a-t-elle vraiment négocié le virage en épingle à cheveux qui lui verrait prendre la direction inverse de celle qu’elle a suivie jusqu’ici ? On peut en douter tant elle s’y engage visiblement à contrecœur, si ce n’est à reculons.

François Hollande qualifiait l’autre jour de « nécessaires » les frappes aériennes françaises. Or, nul n’ignore, et Daech moins que personne, que la campagne de bombardements menée depuis un an et à laquelle notre pays viendrait se joindre de façon marginale n’a pas eu d’effet perceptible sur le terrain. Relayant la voix et reprenant les termes de son maître, le Premier ministre a déclaré, mardi, lors du débat sans vote qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale, que toute intervention au sol serait « inconséquente et irréaliste ». Or, il est avéré que seul un engagement au sol pourrait venir à bout de Daech.

Enfin, et surtout, Manuel Valls a martelé que « nous ne ferons rien qui puisse conforter Bachar el-Assad ». Or, il est bien évident que tout ce qui viendrait affaiblir Daech ne pourrait que renforcer Bachar. Donc, nous n’affaiblirons pas Daech. Donc, nous ne ferons rien. Cette assurance ne sera pas tombée dans l’oreille de sourds. Daech peut agir tranquille. Donnant-donnant ? Les propos tenus sur un ton martial par le Premier ministre ne sont, une fois de plus, que du vent, une douce brise qui caresse dans le sens du poil les ambitions d’al-Baghdadi.

Finalement, même s’il feint d’avoir changé, la politique étrangère de notre gouvernement n’est pas si « incohérente » que cela. Elle est seulement irresponsable et insensée. Au fou !

16 septembre 2015

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