Le synode sur la famille, actuellement en cours à Rome sous la présidence du pape François, suscite des réactions trop vives pour être objectives. En cause, la publication d’un document de travail exprimant diverses opinions relatives aux divorcés remariés, aux personnes homosexuelles et aux unions de fait. Document qui n’a aucune valeur juridique, et dont se sont emparés de nombreux journalistes plus soucieux de sensationnalisme que d’objectivité factuelle.

Comme toujours, les prises de position de l’Église en matière de mœurs passionnent occidental. Un monde qui ne craint pas la contradiction, puisqu’il s’est détaché depuis belle lurette de la foi chrétienne, et que la plupart de ses habitants vivent en athées. Paradoxalement, les critiques formulées à son encontre émanent principalement de ceux qui sont le plus éloignés de toute pratique religieuse. La quasi-totalité des divorcés remariés se moquent comme d’une guigne de ces problèmes. Rares sont ceux qui souffrent spirituellement de ne pas avoir accès à la communion sacramentelle, dont ils ignorent le sens, voire l’existence.

On se calme ! D’abord en se souvenant que ce rapport d’étape n’est qu’un document de travail, qui suscite de très vives discussions entre les pères synodaux ; en cela, ils ne font que s’inscrire dans la grande tradition de l’Église qui, depuis vingt siècles, a connu des débats passionnés à chaque concile. À chaque fois, de la libre confrontation des arguments sort un texte clarifiant la question disputée. C’est ainsi que la foi de l’Église s’est développée, à partir de la Révélation, par un patient travail d’exégèse. Qu’ils se f… sur la gueule est plutôt sain en soi. Alors, s’inquiéter d’un texte intermédiaire, c’est se demander si Arius l’emportera sur les pères réunis en concile à Nicée, en 325…

Ensuite, peu nous chaut l’opinion de tel ou tel organe de presse dont les journalistes ont un niveau de culture religieuse proche du néant. Ils sont là pour vendre du papier, pas pour informer. Peu nous chaut également l’opinion commune : les seuls intéressés sont bien les catholiques, ceux pour qui la pratique religieuse n’est ni une option, ni un rite sociologique (il y en a beaucoup, hélas !) mais une relation avec Dieu. Ceux-là ne peuvent se dire croyants s’ils refusent d’envisager que, sur les questions de foi et de mœurs, l’Église et ses pères sont inspirés par l’Esprit-Saint. Propos incompréhensible à la majorité des lecteurs, sans doute, mais réalité pour les croyants.

Quant au pape, si nous avions simplement confiance ? Ne jouons pas les Cassandre. Ne voyons pas en lui celui qui détruira l’Église en sapant un des fondements de la famille. Depuis toujours, les papes ont été critiqués, parfois très durement, par ceux qui ne se reconnaissaient pas en leurs propos ou leurs manières d’être. Oui, François est surprenant, dérangeant et déroutant. Oui, ses maladresses évidentes peuvent parfois choquer. Non, il ne pratique pas la langue de buis et se montre parfois abrupt. Tout cela est contingent. Le catholique peut préférer Paul, Jean-Paul ou Benoît. Il a surtout confiance en son pasteur.

Sinon, il a toute de se faire protestant ou agnostique.

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16 octobre 2014

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