Dominique Morel vient d’être exclu de la Fédération Nationale des Chauffeurs Routiers, dans laquelle il était délégué syndical, en raison de son militantisme au Front National.
C’est vrai que ouh, là, là, c’est drôlement choquant, un syndicaliste militant dans un parti politique, vraiment, ça ne s’était jamais vu. Prenez la CGT ou FO, ces syndicats bien connus pour leur stricte neutralité politique, bien malin, hein, qui saurait dire où militent la plupart de leurs cadres ?

Mais mettez-vous un peu à leur place ! Si ces messieurs ne font pas un exemple, cela va être l’hémorragie. Durant les vingt derniers mois, du Pas-de- à la Moselle, la CGT, FO et la CFDT ont toutes dû sacrifier l’une après l’autre un délégué qui avait succombé à la tentation de passer le Mur de Berlin érigé entre les syndicats et le FN. Mais c’est contraints et forcés par ces entêtés, voyez-vous, qu’ils ont dû jouer les vopos. Car, auparavant, les syndicats ont tenté les médecines douces habituelles, comme le lavage de cerveau à vertu pédagogique : Il y a exactement un an, par exemple, la CGT a organisé, sous la houlette de Bernard Thibault une « Rencontre-Débat (sic) de l’institut d’histoire sociale » intitulée « Le Front National démasqué par l’histoire », qui posait des questions extrêmement originales, au suspens haletant : « En quoi le FN est-il un parti d’extrême-droite ? » et « Est-il devenu un parti comme les autres ? » Sur le site de la même CGT, il y a également toute une page très claire d’explications innovantes sur le sujet : « Pourquoi le FN est-il dangereux pour les salariés ? Parce qu’en tentant de faire de l’insécurité, de l’Islam, et des immigrés l’objet principal des peurs de nos concitoyens, blablabla, blablabla…. »

Mais c’est dingue ce que les prolos sont devenus obtus ces derniers temps. L’idéal pour tout le monde, bien sûr, serait de pouvoir identifier a priori un militant du FN. Car la difficulté est qu’il n’y a rien qui ressemble plus que celui-ci à un gars lambda, et même, somme toute, à un délégué syndical honnête (car vous pensez bien que si Dominique Morel avait détourné ne serait-ce qu’un Stabilo Boss pour son usage personnel, ou fait traîner cinq minutes de trop la des intérêts d’un salarié immigré, ce n’est pas pour le motif vague de « confusion entre son engagement politique personnel et son action syndicale » qu’on l’aurait viré). Parfois, il peut s’écouler de longs mois avant que l’on ne démasque l’olibrius, ça c’est trop bête.

On pourrait imaginer finalement — dans leur strict intérêt, pour leur éviter de perdre leur temps dans une structure inadaptée à leur profil —, un léger signe distinctif pour ces gens-là. Oh, quelque chose de très discret, comme une petite crécelle de lépreux.

Sauf que, par leurs impôts, ces indésirables à la pensée putride subventionnent comme les autres les syndicats, et devraient donc logiquement y avoir le même droit d’accès ?
Là vous devenez pénibles... Encore une question débile comme ça et vous serez dans la prochaine charrette !

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8 janvier 2013

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