On se souvient du décor de la Révolution. Un roi faible. Une en ébullition. Une minorité accrochée à ses privilèges.

Dans le remake 2016 que nous propose la CGT, son délégué général joue bien son rôle, mais ce n’est pas celui qu’il croit. L’homme se voudrait sans-culotte quand c’est un blason et de la poudre pour sa moustache qu’il lui faudrait.

Il n’est pas riche mais les plus réactionnaires des hobereaux ne l’étaient pas non plus. Seulement, ils étaient moins malheureux que leurs voisins. Leurs privilèges les protégeaient. À leurs yeux, l’État n’entretenait aucune espèce de rapport avec le bien commun. Il était un fromage. Le véritable scandale était que le tiers état travaillait et s’enrichissait - le travail n’est-il pas une aliénation ?

Les années ont passé. Des privilèges nouveaux ont remplacé ceux tombés en décrépitude. est syndiqué. C’est un titre qui donne des droits, comme à ces bandits de grand chemin entichés de leur noblesse qui arrachaient des prébendes à l’État par les armes et brûlaient quelques chaumières et moulins au passage.

Ah ! Philippe ! Philippe ! Connais-tu l’histoire de ces féodaux, furieux que l’on rognât leurs privilèges, qui dévastèrent le royaume, couvrant cyniquement leurs déprédations du beau nom de « ligue du Bien public » ? L’avidité et la soif de pouvoir leur tenaient lieu de mots d’ordre. Toi, tu parles de grève comme eux de prendre les armes, t’arrogeant avec une infime minorité un droit de contrainte sur la masse des citoyens. La liberté de circuler ne concerne pas les gueux, n’est-ce pas ? Hier, on leur piquait leur carriole. Aujourd’hui, tu les prives d’essence. Tu leur ôts jusqu’à la lumière en coupant l’électricité – si tu le pouvais, tu leur éteindrais le soleil.

Le président est un homme intelligent et calculateur mais il est faible. Tu le sais et tu en profites.

Philippe ! As-tu entendu parler de la démocratie ? Tu sais, ce système représentatif qui permet de trancher les litiges par la volonté populaire. Tu fais le choix de la violence au prix de la légitimité de ton combat. Des PME vont crever et laisser leurs salariés sur le carreau. Des artisans et des libéraux vont étouffer. Des vacataires ne seront pas payés. Et les autres, tous les autres !

Je sais. Toi, tu t’en fous. Tu ne perdras pas ton boulot et les jours de grève de tes troupes seront payés. C’est ce qui vous retire toute légitimité, Monseigneur.

Ceux qui vont trinquer sont les gens qui bossent, qui amènent leurs enfants à l’école, qui essaient de se démerder pour vivre correctement. Tout vous semble permis car vous vous croyez fort dans votre forteresse syndicale. Le marquis de Launay aussi, derrière les murs de la Bastille. Jusqu’au 14 juillet…

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27 mai 2016

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