Audio - Editoriaux - Politique - Société - Télévision - 1 décembre 2015

Surtout pas d’amalgame, hormis si c’est pour la COP21

Le 24 novembre, France 2 nous gratifiait d’une émission intitulée “Le Signal”, du nom donné à une résidence du bord de mer située sur la commune de Soulac, que ses habitants ont dû abandonner du fait de l’érosion subie par la côte à cet endroit. Cette émission, rediffusée plusieurs fois sur les chaînes de France Télévisions, se voulait un signal d’alarme pour nous mettre en garde contre la montée des eaux, en lien évidemment avec nos modes de consommation des énergies fossiles, pour lesquels nous devrons nous acquitter d’une bonne augmentation de taxes début janvier.

Seulement voilà, pas de chance pour notre journaliste lanceur d’alerte Julian Bugier, présentateur de cette émission : il suffit de se rendre sur le site sonel.org, à la page du marégraphe de Port-Bloc situé à deux pas de la commune de Soulac, pour constater que le niveau de la mer entre les années 1960-70 et 2000-2014 a bougé de moins d’un millimètre en moyenne ! Difficile d’inonder un immeuble avec ça ! Aurait-on tenté d’amalgamer érosion naturelle et montée des eaux ? Non, pas possible, surtout pas d’amalgame.

Dans la même région, le 26 novembre, le journal Sud Ouest titrait : “Asthme, cancer du poumon : le réchauffement climatique inquiète les pneumologues.” Le lien y était allègrement créé, comme dans bien d’autres communiqués écrits ou audiovisuels, entre gaz carbonique (CO2), particules fines et couche d’ozone avec, entre autres, des hypothèses pour le moins hasardeuses de migration des feux de forêt vers le nord (je n’invente rien) et d’allongement de la période de production des pollens. Les particules fines, qu’elles viennent des feux de forêt ou des pots d’échappement, sont bien des particules polluantes, mais le CO2, c’est un gaz indispensable à la vie ! Aurait-on tenté, là encore, d’amalgamer pollution et émissions de gaz carbonique ? Non, surtout pas d’amalgame.

Et puis, cette semaine, différents articles ont encore fleuri pour tenter de trouver un lien entre réchauffement climatique et terrorisme. Ainsi, dans le JDD du 22 novembre, les Verts parisiens interpellaient l’État français avec ces propos : « À nos concitoyens qui se posent de nombreuses questions suite aux attentats, nous voulons dire que la COP21, qui se tiendra dans quelques jours au Bourget, fait partie des réponses que nous pouvons apporter. Combattre le changement climatique, c’est aussi mettre en œuvre des solutions aux crises géopolitiques que nous traversons et dont les attentats du 13 novembre sont un sanglant symptôme. » Essayerait-on de nous faire croire que la COP21 a été organisée pour résoudre les problèmes de terrorisme ? Ils ajoutaient plus loin : « Libérer nos sociétés de la dépendance au pétrole, ce n’est pas seulement lutter contre le dérèglement climatique. C’est aussi se soustraire à la toute-puissance des producteurs de pétrole et affaiblir les organisations terroristes. »

Nous y voilà : tous ces amalgames ne seraient-ils pas là pour nous inciter à revenir à l’âge de pierre ?

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