La semaine dernière était diffusée, sur France 2, l’émission “Cash Investigation”. Le documentaire pointait du doigt la fameuse directive sur les travailleurs détachés et les conséquences dramatiques qu’elle a pour l’emploi des Françaises et des Français.

En effet, alors même que nos TPE-PME, qui sont pourtant le socle de l’emploi en France, sont soumises à toujours plus de pression fiscale, elles doivent en outre faire face au dumping social ahurissant que représente cette directive. Rappelez-vous : qui dit travailleurs détachés dit entreprises payant les charges sociales dans leur pays d’origine, et donc un déficit de la Sécurité sociale qui se creuse.

Il faut bien comprendre qu’avec ce système, on marche sur la tête. Soit les entreprises délocalisent des emplois vers les pays émergents, soit elles relocalisent des salariés low cost pour faire baisser leurs coûts de production, soit elles créent des filiales dans les pays membres à bas salaires pour y affilier leurs salariés français.

N’oublions pas non plus que certaines entreprises ne respecteraient même pas la réglementation sur le salaire minimum et les horaires de travail. Il y a quelques mois, je publiais ici même un papier, suite à une révélation de « L’Œil du 20 heures » de France 2 intitulé « Directive “travailleurs détachés” : un peu de courage, chers dirigeants ! ». Papier dans lequel je reprenais les propos d’un salarié slovaque du sous-traitant d’une société d’événementiel travaillant sur le chantier de la COP21, qui déclarait alors qu’il ne touchait que « 70 euros pour des journées de 10 à 12 heures » de travail.

J’y évoquais les conséquences dramatiques de cette directive : premièrement une concurrence déloyale entre les entreprises, et deuxièmement une altération de la protection des travailleurs résidents comme détachés.

Voilà le résultat d’une Union européenne devenu le parfait petit soldat du nivellement par le bas.

Ce gouvernement doit avoir le courage de supprimer purement et simplement cette directive. Ah, bien sûr, l’on pourrait me rétorquer qu’il s’agit d’une directive européenne et que, par conséquent, les gouvernements nationaux se doivent de s’adapter à la nouvelle réglementation. Mais on a déjà vu le Conseil d’État suspendre la transposition d’une directive européenne sur l’étiquetage d’aliments pour l’élevage animal. Pourquoi, alors, ne pourrait-il pas suspendre l’application de la directive « travailleurs détachés » ?

3 avril 2016

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