Il est fascinant de lire la presse, les commentaires et la défense des médecins qui voudraient tous voir mourir Vincent Lambert. Dans la très grande série du règne de l’absurde, on veut maintenant nous faire croire que ceux qui veulent assoiffer un homme jusqu’à ce que s’ensuive sont ses protecteurs et ceux qui veulent le soigner et le nourrir ses persécuteurs. 

Beaucoup sont lâches ou hypocrites, ou juste inconséquents. Mais je suis sûr que certains sont tout à fait honnêtes et sincères. C’est eux seuls que je peux comprendre. 

Pour eux, la vie est un chemin qui commence par hasard et ne mène nulle part.
 
L’existence sans Dieu, sans vérité, sans morale, leur est une prison de vide, une pièce sombre et sans murs qu’ils parcourent en ligne pendant des jours pour s’apercevoir qu’ils n’ont pas bougé d’un pas. Pour eux, rien ne survit à la mort : ils se sentent comme Vincent Lambert, enchaînés à cette matière qui s’enfonce et les entraîne dans le néant.
 
Dès lors, il est facile de comprendre que cet acharnement à tuer un homme sans défense et la rage frénétique qui les saisit contre les « intégristes catholiques » qui veulent les en empêcher n’est ni compassion ni conviction, mais une haine profonde de cette vie qui les accable de désespoir. « Ce n’est pas une vie », « laissons-le partir en paix », disent-ils, mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas qu’ils veulent tuer, c’est eux-mêmes. C’est leur visage à eux qu’ils voient dans ce fauteuil, c’est le feu de leur âme qu’ils veulent éteindre à jamais. Bien sûr, ils ne se tueront pas eux-mêmes car il y a encore trop de jouissance à goûter, mais après tout, puisque lui ne peut plus jouir, pourquoi devrait-il s’en sortir? 

Les prières et l’action pourront, seules, sauver et, à cet égard, le maintien des soins par l’hôpital (c’est-à-dire qu’il continue à faire ce pour quoi le contribuable le paye) est une belle récompense et un grand encouragement. Voyez donc : deux vieillards et cinquante sympathisants stoppant la marche des médecins, du Conseil d’État, de la CEDH, de tous les grands médias « faiseurs d’opinion » tel l’étudiant solitaire devant les chars place Tian An Men ou sainte Geneviève devant les Huns. Mais le piège, s’il est bloqué pour le moment, n’en reste pas moins en place, prêt à se refermer, un piège terrible et pervers : un suicide par personne interposée. 

25 juillet 2015

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