Oui, décidément, la vie est cruelle. Et si ceux qui partent les premiers ne sont pas toujours les meilleurs, au moins sont-ils souvent les moins pires.

Ainsi, , sénateur socialiste et ancien maire de Tours, vient-il de mettre fin à ses jours, ce mardi 7 avril, à 67 printemps. Pourquoi ? Pour une simple histoire de mariages “arrangés” avec des touristes chinois ; affaire dont on ne sait vraiment si elle est fondée ou pas et dans laquelle il se serait enrichi ou non.

Ce qui est sûr, c’est qu’il devait tôt comparaître devant la justice ; « justice de mon pays en laquelle je fais entière confiance », à en croire la traditionnelle antienne.

Avant qu’il ne rende l’âme, personne ne savait qui était Jean Germain. Un élu, certes, mais un “invisible”, surtout. Un de ces innombrables édiles dont personne ne connaît le nom, hormis leurs proches administrés, qui jamais n’eut l’honneur des gazettes. Bref, tel qu’écrit plus haut, un “invisible”, un homme de peu. Et peut-être même un homme de bien.

Ses derniers mots furent ceux-ci : “Des indications me laissent penser que, alors que les délits n’ont pas eu lieu, le ministère public va requérir à mon encontre pour des raisons plutôt politiques. C’est insupportable. Autant je peux reconnaître des erreurs et des manques de discernement, autant il m’est impossible d’accepter sans broncher cette forfaiture.”

Voilà qui nous ramène à une triste époque. Celle qui vit la fin de l’infortuné Pierre Bérégovoy, qui ne fut Premier ministre de la que d’avril 1992 à mars 1993. Et qui se tira une balle dans la tête, le 1er mai de la même année. Lui aussi avait été accusé de forfaitures s’étant résumées à un banal prêt en argent liquide, proposé par un ami. Fondamentalement, il n’avait rien fait de mal, ne traînait pas de casseroles, n’avait pas de comptes dissimulés dans on ne sait quels paradis fiscaux. Seulement, il n’avait pas supporté l’opprobre par les « chiens » jetée sur son humble personne.

Ces fameux « chiens », expression demeurée célèbre depuis son emploi par le Président d’alors, François Mitterrand, c’étaient évidemment les journalistes. Curieux métier que le nôtre… Si on ne dit rien, nous passons pour complices. Si on en dit trop, nous voilà devenus bourreaux.

En revanche, on en connaît d’autres qui ne sont pas en proie aux mêmes affres existentielles. Des politiciens qui jonglent avec les millions, planqués ici ou là. Qui persistent à plastronner. Et qui, même, se représentent aux élections après avoir effleuré de peu la case prison. Patrick et Jérôme, si tu vous nous entendez…

Comme toujours, il y a des coups de pied au cul qui se perdent ; mais surtout des balles pas toujours tirées dans les bonnes têtes.

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