Quelques mois à peine après la loi sur la pénalisation des clients de la prostitution, le rapport tarifé revient en force sur le tableau d’honneur des polémiques en vogue par le biais de « SeekingArrangement »… Si vous n’en avez pas entendu parler, c’est que vous vivez probablement dans un igloo en Alaska.

Les Sugar Babies sont des femmes qui recherchent des hommes riches pour les entretenir et les « chouchouter ». Le site SeekingArrangement, au cœur de la polémique, regrouperait environ 40.000 femmes en France et, parmi elles, 4.700 étudiantes.

Alors, sur quoi se fonde l’objet des cris ? L’aspect moral ? Un peu, sans doute. Mais surtout, beaucoup voient en ce nouveau site de rencontre une forme déguisée d’offre en ligne d’escort-girls.

Cette polémique n’est-elle pas profondément hypocrite ? Ce site est manifestement un site de rencontre comme tous les autres, à l’exception près qu’il affiche clairement la couleur : femmes vénales recherchent hommes friqués. Et que ces dames rangent leurs torches et leurs fourches, il n’y a absolument aucun aspect péjoratif dans cette dernière phrase. Une femme a le droit d’être vénale, je dirais même, les femmes ont majoritairement été vénales dans toute l’Histoire, et ce n’est devenu moralement et socialement inacceptable que très récemment (à peu près au même moment où on a fait des femmes une nouvelle main-d’œuvre du capitalisme, en se couvrant du intouchable du féminisme).

Quand les femmes cherchaient un homme financièrement capable de subvenir aux besoins d’une famille, personne ne leur mettait un coup de poêlon dans la figure en les accusant de vénalité. Aujourd’hui, avoir l’honnêteté de parler d’argent est devenu une infamie. Cruelle tartufferie.

Ce qui est moralement reproché à SeekingArrangement est le fait de permettre à de belles jeunes femmes de trouver une relation vénale. Ce qui lui est légalement reproché, c’est le fait de faire payer des hommes pour obtenir des rendez-vous avec des femmes dans le but d’avoir hypothétiquement des rapports sexuels, et de l’échange financier. Ils appellent cela du proxénétisme. D’accord. En revanche, quand Badoo ou AdopteUnMec font payer des hommes pour avoir hypothétiquement des rapports sexuels avec des femmes qui, elles, ne toucheront pas un centime, là, pas de proxénétisme. Donc concrètement, si un site fait payer pour du sexe, pas de problème, tant que les femmes n’en tirent aucun bénéfice monétaire. Fabuleux. Et qu’en est-il donc de Glee, le premier site de rencontres extraconjugales qui fait raquer pour pouvoir tromper sa partenaire ? Là, aucun souci, ni moral, ni légal ?

Alors que l’insécurité enflamme le pays, que le est désavoué, que le explose et que la précarité se généralise (et particulièrement chez les femmes), on se scandalise du fait que 40.000 femmes en France aient l’honnêteté de dire qu’elles cherchent un homme doté d’un gros portefeuille. Quarante mille femmes sur 66 millions d’habitants, c’est-à-dire environ 0,06 % de la population française, c’est-à-dire 0,12 % de la population féminine française (chiffres INSEE). C’est sans aucun doute une priorité nationale. Ou alors encore un beau moyen de détourner l’attention d’un peuple qui gronde.

166 vues

6 avril 2014

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.