Editoriaux - Histoire - Internet - Table - 27 juin 2016

Sud de la France : voici revenue l’Occitanie !

Ça y est , nous redevenons occitans !

Les nouvelles grandes régions qui ont précédé la nôtre pour une nouvelle identité ont valorisé l’aspect géographique. Ainsi, la course au sprint pour le baptême fut gagnée par Xavier Bertrand et ses Hauts-de-France. Vue des Toulousains ou Montpelliérains qui « montent » à Paris lorsqu’ils se rendent dans la capitale, cette revendication du sommet de l’Hexagone, bien que prétentieuse, est particulièrement justifiée, qui évoque une véritable ascension himalayenne pour parvenir à Lille, où ils ne vont jamais.

La seconde, stimulée par la nostalgie des grands espaces, a choisi le Grand Est. Il y a, dans cette orientation capitale, comme un parfum de Far West, qui semble peu représentatif d’un quelconque esprit pionnier de ses habitants. Surtout lorsque les Alsaciens nomment « gens de l’intérieur » ceux qui vivent à l’ouest des Vosges.

Ne parlons pas de ce conglomérat hybride qui va de Saint-Jean-de-Luz à Aubusson en passant par Poitiers et dont le nom encore tripoté, façon puzzle, sera impossible à porter. Cependant, hors le Pays basque et la pièce rapportée – léguée en état de faillite par Ségolène Royal – du Poitou-Charentes, les autres départements font partie de l’ancien territoire occitan et pourraient dénier à Carole Delga la mainmise sur cette identité linguistique qui recouvrait naguère la quasi-moitié sud de la France.

Car le choix s’est fait ici sur Occitanie, qui semble recueillir l’adhésion des habitants et réveille ce vieux ressentiment des provinces du sud contre le pouvoir central – Cathares, Albigeois et autres révoltés. Naguère, feu Frêche, président du Languedoc-Roussillon, féru d’Histoire et un rien mégalomane, avait eu l’ambition de baptiser sa région Septimanie, rappelant ce qui demeurait au VIe siècle du royaume wisigoth après la défaite face aux Francs de Clovis. Déjà une tentative de sécession sentimentale qui ne put être confirmée en dépit des gros moyens de communication, suite à la « sédition » des Catalans déployant leur chauvinisme indigné.

La même exaspération catalane pourrait faire capoter à nouveau cette décision, quand bien même une mention subsidiaire Pyrénées-Méditerranée aurait été ajoutée en référence géographique pour calmer les protestations. La contestation, à l’instar de l’exemple anglais du moment face au Brexit, pourrait se développer pour faire opposition, là aussi, à un choix réputé démocratique en dépit du faible nombre de participants ayant répondu à la consultation citoyenne via Internet.

Un recours auprès de Conseil d’État, celui-là même qui veille à l’unité de la France, pourrait même être engagé, paradoxe burlesque mais pas improbable.

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