Dans un récent entretien accordé au quotidien Nice-Matin et relayé par Le Figaro, Gérard Depardieu a regretté que l’association « Les Restos du cœur », créée voici trente ans par Coluche, joue un rôle qui incombe normalement à l’État et fustige une classe politique incapable d’endiguer la misère qui, observe le comédien, touche même « des gens qui sortent du bureau en costard-cravate et qui font les poubelles ».

Certes, dans un régime politique libéral, la puissance publique n’a pas vocation à prendre directement en charge l’entretien de ses administrés qui rencontrent des difficultés, tant pour se nourrir que pour se loger, au-delà des diverses aides qui sont accordées, en nature ou sous forme d’allocations, selon les ressources dont chacun dispose. Si l’État devait intervenir plus « intimement » dans la vie de ses ressortissants, nous serions alors dans un système d’inspiration totalitaire, auquel personne n’aspire vraiment.

Cela étant, il appartient à ceux qui nous gouvernent de favoriser par leur action, dans les domaines économiques, politiques ou sociaux, les conditions les plus propices à assurer la prospérité de tous ses citoyens.

Or, il ressort de l’examen des principales causes de la misère qui sévit aujourd’hui en France que non seulement nos dirigeants n’ont mis en œuvre aucune mesure susceptible d’endiguer la paupérisation d’une partie de nos compatriotes, mais qu’ils en favorisent au contraire le développement par la poursuite d’une politique particulièrement nocive.

En effet, la plupart des enquêtes menées sur la situation des personnes en grande précarité matérielle et le plus souvent d’ailleurs morale – les deux apparaissant fréquemment liées – révèlent que les principaux facteurs conduisant à la misère proviennent d’une part de l’affaiblissement des structures familiales et, d’autre part, d’une immigration incontrôlée, voire même encouragée par nos gouvernements successifs depuis plusieurs décennies, dans la mesure où les intéressés sont généralement des femmes élevant seules leurs enfants, des hommes mis en difficulté par une séparation les contraignant au versement d’une lourde pension alimentaire et des étrangers d’origine africaine récemment installés sur notre sol.

À cet égard, force est de constater que les réformes du droit de la famille, entreprises dès les années 60-70 sous l’égide du professeur Jean Carbonnier ont largement contribué à la défaillance du rôle protecteur de cette institution, en particulier à l’égard de ses membres les plus fragiles : les enfants et le conjoint délaissé.

La législation issue de cette petite révolution « sociétale », alors que le terme n’était alors pas encore apparu, a ainsi considérablement facilité la procédure de divorce par la reconnaissance du consentement mutuel dès 1975, alors qu’il est si difficile même pour un juge d’apprécier la sincérité d’un consentement, ou plus récemment par l’instauration du divorce pour altération définitive du lien conjugal, modalité ouvrant la voie à une sorte de répudiation, dès lors que le divorce est automatiquement prononcé si les époux vivent séparés depuis au moins deux ans, sans que les motifs de la demande de divorce soient communiqués au juge.

S’agissant enfin de la politique migratoire, qui consiste pour l’essentiel à accueillir sans discernement « toute la misère du monde », elle contribue largement à la pénurie de logements sociaux, âprement disputés entre les indigènes pauvres et les allogènes fraîchement débarqués…

Décidément, le célèbre mot de Bossuet « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » n’a rien perdu de son actualité !

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